La menace est plus forte que l’exécution

04/01/2015

guillotine250

« La menace est plus forte que l’exécution. »

[Propos attribué à Aron Nimzowitsch au cours d’un tournoi]

Aron Nimzowitsch, champion d’échecs danois d’origine russe (1886–1935)

 Retrouvez toutes les citations dans le Dictionnaire de citations.

°°°°°°

Appliquée à abalone, l’idée mérite quelques explications :

La menace précède toujours l’exécution, puisque pour « exécuter » une bille (l’éjecter), il faut déjà être en position de le faire avant que l’adversaire ne joue son coup.

La menace, bien que toujours réelle, n’est pas toujours perçue, surtout par les débutants, dont il est facile de détourner l’attention, car ils se caractérisent par une certaine myopie : ils ont tendance à se focaliser sur le lieu de l’action, ou sur l’aspect le plus visible d’un coup, et n’ont pas une vision d’ensemble du jeu.

Mais ce qui nous intéresse ici est la menace perçue, car c’est elle qui la rend plus forte que l’exécution (et puis vaincre un adversaire qui perçoit la menace est quand même plus intéressant que d’expédier un néophyte qui ne voit pas le jeu 😉 ). En effet, là où l’exécution relève de la simple tactique (affaiblir matériellement l’adversaire sans trop fragiliser sa propre position), la menace relève d’une stratégie d’ensemble : le choix d’un jeu offensif savamment construit.

On entre ici dans une dimension proprement psychologique du jeu, qui transcende la simple technique, mais qui s’appuie sur elle, faute de quoi elle sera inévitablement vouée à l’échec ! La capacité technique ou la puissance d’exécution d’un joueur pourrait être assimilée à sa force physique. Sa capacité à menacer efficacement son adversaire, et à ne pas se laisser impressionner par lui, constitue en revanche sa force mentale. Or le mental, entre deux adversaires de niveau comparable, c’est essentiel !

Celui qui menace doit toujours être en mesure d’exécuter, car son adversaire peut ne pas se laisser intimider, et en retour se montrer lui-même menaçant. Le joueur menaçant n’a pas comme objectif premier de mettre sa menace à l’exécution, mais plutôt que celle-ci fonctionne. Mais si elle ne fonctionne pas, il doit être capable de le faire. Gardez-vous des menaces en l’air ! Votre adversaire n’est pas si bête, il s’en rendra vite compte et vous perdrez toute crédibilité !

Menacer, c’est pousser l’adversaire à un jeu défensif. Si le joueur menacé se laisse prendre à ce jeu, le joueur menaçant mènera la danse. Le joueur menacé ira alors de reculade en reculade sous la pression, et finira par tomber dans le vide.

En cherchant à se libérer d’une pression de son opposant, le joueur sous la menace n’a que deux possibilités défensives : s’écarter ou se regrouper. La première option conduit toujours à un éparpillement fatal. La partie se termine en un jeu de billard, consistant à éjecter les billes adverses aux six coins du plateau. La seconde est parfois un remède pire que le mal : en se regroupant dans un espace confiné, le joueur menacé ne fait que faciliter la tâche de son adversaire : des lignes de deux billes bien regroupées sur un bord du plateau feront le bonheur de votre bourreau ! Du travail propre et sans bavure. Il n’aura même pas besoin de se racheter une paire de bottes 😉

Bref, dans tous les cas, lorsqu’un joueur se résigne à jouer ses coups sous la contrainte, et se laisse dominer psychologiquement par son adversaire,  l’issue de la partie s’avère pour lui toujours fatale…

FightClub

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s