Une classification des manières de jouer à abalone

Il existe différentes manières de jouer à abalone. Je me risque à une petite classification :

Jouer avec un plateau physique

C’est la manière la plus naturelle et la plus courante de jouer. Elle oppose deux joueurs (ou plus), physiquement présents en un même lieu, poussant de vraies billes sur le même support, à savoir un vrai plateau, en bois, en plastique, ou en n’importe quel autre matériau offrant un degré de jouabilité acceptable, l’essentiel étant que dans la presque totalité des cas les billes aillent là où on veut qu’elles aillent (ce qui dépend d’ailleurs au moins autant des billes que du plateau). Ce plateau peut être soit une version officielle du jeu, édité par le détenteur des droits, soit une version pirate, soit une version artisanale non commercialisée.

Jouer avec un plateau virtuel

C’est une manière de jouer rendue possible par l’avènement de l’ère du numérique. Elle se décline sous différentes formes :
a) jouer sur un site de jeu en ligne
b) jouer avec une application commerciale (sur PC, tablette, téléphone portable, ou tout autre outil de communication via lequel l’application est disponible)
c) jouer contre un programme informatique (soit téléchargeable, soit accessible via Internet)

Avec un support virtuel, on peut :
1) jouer contre un adversaire connecté
2) jouer contre une intelligence artificielle, autrement dit un programme informatique, dont on peut généralement régler les paramètres en fonction de son propre niveau, voire de son style de jeu. S’ils ne sont pas trop mauvais, ces programmes constituent un excellent outil pour améliorer son niveau de jeu. Ce sont surtout des partenaires de jeu d’une disponibilité irréprochable et d’une courtoisie sans égal : jamais de mouvements d’humeurs quand ils perdent, et lorsque vous perdez votre sang-froid après avoir subi une cuisante défaite, ils savent rester de marbre, plus flegmatique qu’un Welsh Guard de Buckingham Palace.
3) jouer contre un adversaire réel et présent physiquement. Dans ce cas, le plateau virtuel peut servir de support par défaut, lorsqu’on ne dispose pas d’un plateau physique, ou bien si on ne peut pas l’utiliser parce que le jeu est incomplet (s’il manque plusieurs billes, par exemple).
4) jouer contre soi-même, à la manière de M. B. dans Le Joueur d’échecs de Stefan Zweig. Cela peut paraître absurde au premier abord, mais c’est souvent ce qui se passe lorsqu’on recherche la solution à un problème d’abalone (j’imagine que c’est pareil aux Echecs), où l’on cherche à anticiper les coups de l’adversaire et où l’on passe en revue diverses combinaisons possibles pour ne retenir que la succession de coups qui nous paraît optimale. Evidemment, on peut aussi le faire avec un vrai plateau 😉

Comparativement au plateau physique, le support virtuel présente la plupart du temps l’avantage considérable de pouvoir garder une trace de la partie ou des coups qui ont été joués, ce qui est d’un intérêt capital pour pouvoir progresser. Le plateau physique comme objet connecté reste à inventer. Je laisse volontiers les royalties à ceux qui créeront l’abalonier connecté, rappelez-vous seulement que c’est moi qui en ai eu l’idée le premier XD

Jouer par correspondance

Le jeu par correspondance n’abolit pas nécessairement le plateau – réel ou virtuel – mais celui-ci n’est plus le support de l’échange des coups. Dans le meilleur des cas, il est réduit à un rôle d’arrière-plan, servant surtout aux joueurs pour vérifier qu’ils sont d’accord sur la position ou la situation du jeu (là où ils en sont dans la partie). Une erreur peut en effet avoir de fâcheuses conséquences : perte de temps, et même dévoilement de la stratégie de l’un ou de l’autre des joueurs, sinon des deux. L’erreur oblige ensuite à remonter la chaîne des coups (ou au contraire la redescendre) jusqu’à trouver le point où l’un des deux partenaires a commis une erreur d’interprétation (b5b5 au lieu de b6c6, par exemple), et à reprendre la partie depuis ce point.

Comment est-il possible de jouer sans plateau ? Il y a à mon avis deux manières :
– soit en échangeant des coordonnées de coups
– soit en échangeant des images de positions, ou des graphiques de position (du type de ceux qui existent dans Aba-Pro) ; à noter que l’échange d’images s’apparente quelque peu à un simulacre de plateau virtuel.

L’utilisation de la seule notation est évidemment possible en début de partie, du moins lorsqu’on a acquis une certaine maîtrise de la notation des coups. Il est ainsi possible de se représenter une position à partir de la notation d’une suite de coup, à la manière d’un musicien qui lit de la musique, mais il arrive nécessairement un moment où il est impossible de se souvenir de la position de toutes les billes. C’est à ce point qu’une certaine forme de représentation visuelle devient indispensable. Le moment où l’on atteint ce point dépend des capacités et surtout de l’entraînement de chacun. Par exemple, partant d’une Marguerite belge, tel joueur pourra se représenter la position correspondant à a1b2-i5h5-a2b3-i6h6-b2c3-a5b5-c3c4-c5c6d6, mais pas plus loin, et reportera cette enchaînement de coups dans un programme pour pouvoir suivre le jeu sans risque d’erreur à partir de cette position.

Dans le jeu par correspondance, la correspondance peut être soit orale (téléphonie vocale), soit écrite (par SMS, par mail, via un site Internet, un blog, ou n’importe quel réseau social, par courrier postal, etc.), et dans la correspondance écrite, je fais aussi figurer l’échange d’images de positions (photos, captures d’écran, schémas, etc.). La fréquence des échanges est le plus souvent corrélée au média utilisé. Il y a ainsi fort à parier que la partie par SMS se jouera plus rapidement que la partie par courrier postal 😉

Voilà, je pense avoir un peu fait le tour. Bien sûr, si mogwai était là, il dirait probablement que j’ai oublié de mentionner la télépathie, les pigeons voyageurs et les signaux de fumée, mais peut-on vraiment être exhaustif ? 😉

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