Imagination et technique : existe-t-il un art du jeu d’abalone ?

(par Gramgroum – novembre 2005)

Introduction

Nous sommes, avec Abalone, dans un jeu à information complète : chacun des deux joueurs dispose des mêmes informations, toutes les informations dont les joueurs ont besoin se trouvent devant eux, le hasard n’a aucune place dans le déroulement du jeu – sauf pour déterminer quel est le joueur qui commence.

C’est un jeu interactif, mais non coopératif : chaque action de chacun des joueurs pèse sur l’action de l’autre joueur et influe sur les décisions qu’il va prendre. Mais le but n’est pas d’arriver à un résultat commun, le but est d’assurer sa domination sur l’adversaire : c’est donc un jeu conflictuel, et en tant que tel, il se situe de manière non négligeable dans une dimension psychologique (peut-être est-ce même l’aspect psychologique de ce type de jeux qui peut faire de certains joueurs de véritables « accros » ).

C’est aussi un jeu d’équilibre : au départ, les deux joueurs se trouvent dans une position similaire (avec probablement un léger avantage pour celui qui jouera le premier) et le but de chacun des deux joueurs sera de faire basculer cet équilibre en sa faveur, pour parvenir à éjecter les billes adverses. A la limite, deux joueurs de même force pourraient théoriquement mener une partie sans fin ou chaque coup ne ferait que contrer le coup adverse, sans que l’équilibre ne soit jamais rompu, et ce quelle que soit la complexité des situations ou des combinaisons qui seront crées en cours de partie. Ou bien l’un des deux joueurs peut pratiquer l’anti-jeu, ne jouer que la défense de manière à préserver intact son bloc de billes, ce qui est faisable sans talent particulier (exercice qui n’est d’ailleurs pas mauvais en tant que tel, mais qui devient rapidement ennuyeux).

Or ce genre de situation ne se rencontre pas en pratique, l’un des joueurs finit toujours par l’emporter sur l’autre. La question se pose alors de savoir ce qui fait la différence entre deux joueurs. Dire que l’un joue « mieux » que l’autre n’est pas apporter une réponse, c’est une tautologie, qui soulève aussitôt de nouvelles questions : pourquoi et en quoi un joueur joue-t-il mieux qu’un autre ? Dire que l’un est plus « intelligent » que l’autre ne paraît en aucun cas une réponse appropriée. Il est malaisé de définir de manière satisfaisante ce qu’est l’intelligence. De très bons joueurs d’abalone maîtrisent fort mal d’autres domaines de l’esprit, des personnes réputées très intelligentes font parfois de piètres joueurs.

Pourtant, bien que les règles du jeu soient extrêmement simples et accessibles à tous, bien que les joueurs disposent des mêmes informations, bien que l’on s’affranchisse de toute idée de supériorité intellectuelle de certains joueurs sur d’autres, il existe incontestablement différents niveaux de maîtrise du jeu d’abalone, il n’est que d’observer pour s’en rendre compte.

Alors, existe-t-il une « intelligence » spécifique du jeu d’Abalone ? Est-elle liée à des dons personnels et à des qualités psychologiques innés ? Peut-elle s’exercer, se travailler, évoluer, se développer ? En d’autres termes, existe-t-il un art du jeu d’abalone, comme il existe un art de peindre, de tailler la pierre, de composer ou d’interpréter la musique ?

Et si un tel art existe, de quoi est-il fait ?

1) Les styles de jeu

– importance de la technique

Nous n’étudierons pas ici dans le détail les éléments techniques constitutifs du jeu d’abalone. Nous renvoyons pour cela le lecteur à l’excellent travail d’analyse réalisé par Silversurfer dans sa théorie générale du jeu d’abalone (voir ici http://148009.aceboard.net/148009-1838-1826-0-Abalone-Theory.htm ) [1]

Certains joueurs ont rêvé d’un style de jeu « libre », mais un jeu « libre » peut-il s’affranchir de toute contrainte technique ? Certainement pas ! Aucun joueur, le meilleur soit-il, ne peut négliger l’importance de certains éléments techniques tels que la maîtrise du centre, l’importance des blocs stables, la division de l’adversaire, la pression, etc.

Ainsi, pour parvenir à ses fins,  le joueur va procéder à tout moment du jeu à une analyse de la situation présente, et à une tentative d’anticipation, en fonction de ses connaissances techniques.

Certes, dans le laps de temps de temps plus ou moins long qui lui est donné pour jouer son coup, il ne va pas forcément traiter l’information en distinguant de manière très consciente les différents niveaux d’analyse mis en lumière par l’auteur de la théorie générale du jeu d’abalone : tactique, positionnelle, stratégique.

Un joueur aussi remarquable que Gohatto reconnaît lui-même : I will try to analyze my own techniques of play,  that partly I do not control in a conscious way  (j’essaie d’analyser mes techniques, que je ne maîtrise pas entièrement de manière consciente)
http://90214.aceboard.net/90214-2316-3460-0-Presentation.htm#vb [1]
Eh oui, les meilleurs joueurs sont parfois en peine d’expliquer tous les ressorts de leur jeu.

D’une part, pour procéder à son analyse, à l’estimation de la situation de jeu, le joueur dispose d’outils techniques que chacun peut acquérir et améliorer par l’exercice : mémoire des situations et rappel des solutions (expérience), sa capacité d’anticipation (calcul).

Cette grille d’analyse technique que le joueur s’est constitué mentalement à force de jouer, qui est propre à chaque joueur,  et qu’il applique au jeu lui permet de distinguer rapidement, de manière presque réflexe, les éléments constitutifs (statiques) de la position et à en tirer les leçons sur la conduite du jeu (dynamique).

D’autre part le joueur dispose aussi d’outils non purement techniques que nous appellerons  l’imagination : intuition, aptitude à prendre des risques, à trouver des solutions innovantes, (c’est à dire surprenantes au sens premier : qui produisent un effet de surprise sur l’adversaire), capacité à évaluer la psychologie de l’adversaire.

Lorsque deux joueurs de même niveau technique s’affrontent qu’est-ce qui va faire la différence ? c’est à notre avis précisément cet aspect non technique du jeu.

Nous touchons là, peut-être, aux éléments qui font le style d’un joueur.

– le style personnel

Certains se sont essayé à classer les joueurs les plus remarquables selon leur « style » de jeu. Il y aurait ainsi des joueurs offensifs, des joueurs offensifs-classiques, des joueurs classiques, des joueurs défensifs.
( http://forum.aceboard.net/31237-2538-8419-0-Herausragende-gute-Spieler.htm ) [1].

Nous ne nous étendrons pas sur la pertinence d’un tel classement ; nous nous contenterons d’observer que cette classification se limite à quatre styles, sans définir les limites entre les styles, sans envisager d’autres distinction entre joueurs que la dualité offensif/défensif.

Et c’est bien là toute la difficulté : savoir ce qui fait le style personnel et ce qui distingue un style d’un autre.

Avant même d’essayer de dire ce qui fait le vrai style, il convient d’ailleurs se poser la question suivante : les joueurs peuvent-ils réellement avoir un style propre ?

Nous l’avons vu, les joueurs doivent se référer en permanence à un bagage technique qui va s’accroissant avec leur expérience. Mais au final, ils font toujours application des mêmes techniques, communes à tous les joueurs. Simplement ils privilégieront, en fonction des éléments non techniques, en fonction de leur imagination, telle ou telle solution technique à tel ou tel moment du jeu.

Ainsi l’idéal du jeu libre évoqué plus haut est-il très vite contrecarré par la réalité des choses : le jeu ne redevient-il pas très vite classique, lorsque deux joueurs de même niveau s’affrontent ? Il est en effet plus facile d’être imaginatif face à un joueur plus faible contre lequel on peut se permettre de prendre des risques.

Arrivés ici, il est permis de se demander si nous avons beaucoup avancé dans notre réflexion. Ne sommes-nous pas encore et toujours à la recherche de ce qui fait le vrai style ?

Le style ne serait-il fait que d’une faculté d’adaptation aux capacités de l’adversaire ? Dans ce cas, il cesserait d’exister en tant que style propre, attaché à la personne d’un joueur.

Force est pourtant de reconnaître, en observant les jeux des joueurs remarquables (et même des moins remarquables), qu’il existe chez les uns et les autres des constantes, des traits spécifiques, une manière de procéder qui leur est propre.

Il n’est en effet pas besoin d’être fin analyste pour distinguer entre la hargne offensive du joueur attaquant dans l’âme ou la tentation défensive des prudents, le jeu monolithique des uns et le jeu d’une extrême mobilité des autres, entre le joueur attaché à préserver la structure d’ensemble et celui apte à déstructurer, à faire « exploser » le jeu. Tel joueur aura tendance à porter tout son effort sur le centre de masse  du jeu, déployant la grosse artillerie des rangs de trois billes convergeant vers un même effort, tel autre donnera l’impression d’être partout à la fois, virevoltant avec la légèreté de la cavalerie.

Il existe bel et bien différentes manières d’appréhender le jeu.  Peut-on les expliquer sans tenir compte de la psychologie des joueurs ?

2) La psychologie du jeu

D’aucuns se sont risqué à avancer que l’on pouvait déduire un état d’esprit de la façon de jouer, comme on pourrait lire des sentiments d’après l’expression du visage. Peut-être  y a-t-il une part de vérité dans une telle affirmation. Sans doute vais-je jouer différemment selon mon humeur, peut-être mon jeu est-il plus agressif tel jour, lorsque je suis de mauvaise humeur. Tel autre jour je serai dans de meilleures dispositions : la défaite m’étant alors indifférente, je m’affranchirai de certaines règles de prudence, rendant mon jeu plus « libre ».

Mais ce n’est là qu’un aspect superficiel des choses : cela voudrait dire que mon style de jeu change au gré de mes humeurs. Or, s’il existe bel et bien un style personnel, celui-ci doit se fonder sur des ressorts psychologiques plus profonds que nos seules humeurs. Le même joueur jouera toujours plus ou moins le même style de jeu, et l’on observe parfois que lorsqu’il veut en changer, son jeu perd en spontanéité et devient moins efficace.

D’une manière générale, nous ne craindrons pas de soutenir que le ressort essentiel de la psychologie du joueur est l’aversion au risque.

En effet, la plupart des personnes sont averses au risque, et préfèrent les issues les plus sûres — et n’acceptent un risque que contre une espérance de gain. D’une manière générale, le risque doit être estimé inférieur au gain qu’il peut procurer pour que le joueur accepte de prendre ce risque.

La différence de valeur entre le risque et le gain espéré, qui va compenser l’aversion au risque, sera en quelque sorte la prime de risque.

Inversement, il peut exister un désir d’acheter du risque ou de la peur , l’excitation correspondant à une valeur en elle-même. Le fait de prendre un risque est dans ce cas motivé par deux composantes :

 la sécrétion d’adrénaline (comme lorsqu’on va voir un film d’action ou qu’on pratique un sport à risque)
 la différence qualitative entre :
– une perte probable (perdre une bille, une position),
– un gain certes hypothétique, mais qui procurera s’il se produit un changement qualitatif dans la situation de jeu.

Il n’est pas certain que les joueurs les plus efficaces soient les plus avers au risque. L’aversion au risque semble en effet induire une certaine paralysie, qui va réduire l’agressivité (comprenez par agressivité : capacité à exercer une pression maximale et constante, pour priver l’adversaire de l’initiative et ne lui permettre de ne jouer qu’en réplique), qui va réduire la capacité de réaction et d’imagination.

L’aversion au risque conduit à ne voir qu’un type de solutions, ou à privilégier un type de solutions, généralement défensif. Pour prendre un exemple simple, le joueur craignant le risque préférera parer une attaque en s’arc-boutant sur sa position (en bâtissant des situations de pac) plutôt que de chercher à briser les sumitos imposés par l’adversaire.

Le joueur avers au risque aura ainsi tendance à privilégier la position, faisant de lui un joueur à tendance défensive. Le joueur prêt à acheter du risque mènera au contraire un jeu plus tactique, offensif, plus ouvert, appliquant, consciemment ou non, le principe du fameux joueur d’échec Alexei Shirov, qui se pose toujours la question suivante : « Comment vais-je faire pour transformer cette position en pétaudière intégrale ? ».

Choix de défense, choix d’attaque, choix de bloc, choix de déstructuration : les deux joueurs, en fonction de leur psychologie, vont être amenés à faire des choix. Or le choix de chaque joueur influera chaque fois sur le choix du coup suivant que jouera l’adversaire. Par conséquent, c’est un véritable marchandage qui va se mettre en place pendant la partie.

De fait, les deux adversaires sont en position de négociation, ils ne cessent d’effectuer des transactions du type : je te donne telle bille, tu me laisses éjecter telle autre ; je te cède telle bille, tu m’abandonne telle position ; je te laisse telle position pour pouvoir prendre telle autre position, etc.

Dans un tel marchandage, la prise de risque a évidemment une importance considérable. Sera le plus apte à mener la négociation le joueur qui sera dans la position la plus forte, c’est à dire le joueur qui exercera le plus de pression sur l’autre, le joueur qui aura la meilleure capacité d’anticipation (celui qui verra ou pressentira au mieux les conséquences ultérieures du marchandage en cours) mais aussi et peut-être surtout celui qui sera le moins avers au risque, car moins paralysé par sa peur. Par-delà la pression physique exercée sur les billes adverses, il ne faut jamais négliger la pression psychologique exercée sur l’adversaire.

Bien entendu, tout ce marchandage n’est qu’un marché de dupes, car chacun sait ce qu’il cherche et ce que l’autre recherche. N’oublions pas que nous sommes dans un jeu à somme nulle, (c’est-à-dire que ce qui est perdu par l’un est gagné par l’autre, et qu’au bout du compte, l’un des deux joueurs gagnera la partie, l’autre la perdra)  mais chacun n’a pas forcément la même stratégie pour y parvenir.

Il est dans cette optique fort intéressant de voir comment deux joueurs qui jouent beaucoup ensemble finissent par adapter leur jeu l’un à l’autre. Consciemment ou non, ils intègrent la psychologie de l’adversaire et y adaptent leur propre jeu.

De même, malgré la multiplicité des coups possibles, le joueur expérimenté parviendra bien souvent à deviner, parmi différentes possibilités, le coup que va jouer un joueur débutant. Anticiper, toujours anticiper…

Toujours dans la même optique, il nous sera très utile d’observer le jeu contre une intelligence artificielle.

3) Jouer contre la machine

Nous n’aborderons ici que l’idée de l’intelligence artificielle faible, le concept d’intelligence artificielle forte relevant pour l’instant de la seule recherche théorique et ne connaissant pas à ce jour d’application pratique.

Le concept d’intelligence artificielle forte désigne le projet de créer une machine capable non seulement de simuler un comportement intelligent, mais d’éprouver une réelle conscience de soi, de « vrais sentiments » (quoi qu’on puisse mettre derrière ces mots), et une compréhension de ses propres raisonnements.

La notion d’intelligence artificielle faible constitue une approche pragmatique d’ingénieur : chercher à construire des systèmes de plus en plus autonomes, des algorithmes capables de résoudre des problèmes d’une certaine classe, etc. Mais, cette fois, la machine semble agir comme si elle était intelligente, mais sans la conscience de soi et de sa propre réflexion.

Le cas de l’intelligence artificielle est intéressant parce que la machine (l’ordinateur) semble avoir un style propre qui lui est en quelque sorte « consubstantiel », plus que le style d’aucun esprit humain ne peut être propre à la personnalité du joueur.

Toutefois ce n’est là qu’une « apparence » de style, La manière dont la machine apporte continuellement les mêmes solutions aux mêmes types de problèmes (on attend encore, pour Abalone, le logiciel capable d’apprendre) nous fait croire avec force que la machine à un style propre. Le joueur pourra d’ailleurs adapter son propre jeu à cette apparence de « style » purement technique et prédictible, et augmentera l’efficacité de son jeu contre l’intelligence artificielle.

Mais qu’est-ce que l’intelligence artificielle d’un jeu de stratégie, sinon une machine à calculer ? Celle-ci, quel que soit son niveau de perfectionnement, jouera invariablement selon des formules mathématiques. On ne trouvera dans les choix de la machine aucune parcelle de psychologie, de sentiment, ou d’intuition.

Et c’est bien là que le bât blesse : peut-on dire que la machine possède un vrai style, si son jeu est entièrement technique et ne fait appel à aucune émotion ? En quoi le jeu de la machine est-il un art ?

Assurément, l’aspect technique du jeu de la machine est remarquable. Actuellement déjà, peu de joueurs sont capables de battre l’intelligence artificielle à ce jour la plus évoluée du jeu d’Abalone, à savoir le logiciel Aba-pro. Nul doute que dans un avenir proche, la machine (l’ordinateur) deviendra l’imbattable champion du monde, lorsque sa puissance de calcul sera encore augmentée.

Dans certaines situations de jeu, la machine peine encore beaucoup, c’est vrai, à faire des choix en raison des modes de calcul qu’elle utilise, alors que des joueurs d’un niveau correct verront rapidement la meilleure solution à apporter. Mais il est évident que ce genre de situation de dilemme pour la machine disparaîtra avec l’augmentation de sa puissance de calcul, alors que la puissance de calcul et d’anticipation de l’esprit humain ne pourra pas croître de manière aussi forte.

De fait, peu nous importe ici de savoir si la machine sera un joueur plus forte que le joueur, il nous importe uniquement de montrer que la technique ne suffit pas à faire l’art.

L’art ne saurait être réduit à la seule technique ; certes la technique et les mathématiques sont partout présente dans l’art : des proportions parfaites données par le nombre d’or aux suites mathématiques inscrites dans la musique. Mais l’art ne saurait être la création d’un machine, fût-elle la plus puissante des machines à calculer.

En effet qu’est-ce que l’art ? C’est un savoir-faire, une habileté, une connaissance des moyens que peut acquérir la machine, sans doute, mais c’est aussi peut-être d’abord l’expression, par les œuvres de l’homme, d’un idéal.

L’art en somme, est-il autre chose que l’union de l’imagination et de la technique ? Si la machine maîtrise à la perfection la technique, elle ne connaît en revanche ni psychologie, ni émotions, ni sentiments : bref, elle n’a aucun pouvoir d’imagination ni d’expression.

Il existe bel et bien, dans ce cas, un art du jeu d’abalone, qui ne peut être que le produit de l’esprit humain, puisque seul l’homme est capable d’allier imagination et technique.

Conclusion

L’art musical est à la fois un art de création, par la composition, et un art d’interprétation. Qu’en est-il de l’art du jeu d’abalone ?

Il me semble ici pertinent de tracer un parallèle avec le jazz. Ne sommes-nous pas dans les deux cas entre improvisation et interprétation, quelque part dans une ré-création permanente, dans la ré-interprétation toujours renouvelée de thèmes et de schémas assimilés, retravaillés, polis jusqu’à la brillance parfaite ?

Le musicien joue d’un instrument. L’art d’abalone  est lui aussi un art du jeu : jeu de stratégie, jeu de la négociation. Le musicien s’exprime et nous parle à travers son instrument . Les joueurs d’abalone ne mènent-ils pas eux aussi une conversation, une négociation parfois âpre mais toujours réjouissante, au travers des billes qu’ils poussent ?

Plaisir de s’exprimer, plaisir de communiquer par le jeu, plaisir pur de jouer, pour que tout reste plaisir dans l’art du jeu d’abalone, pour qu’aucun joueur ne se désespère de ne pas arriver à la maîtrise parfaite du jeu, nous appellerons à la rescousse le maître des échecs David Bronstein : «  Sachez que vous n’êtes pas toujours obligé de jouer le meilleur coup. Un coup doit être actif, entreprenant, correct et beau ». Si cela est vrai pour les échecs, ne serait-ce pas aussi la recette du bonheur abalonien ?

Note :

[1] ces liens sont malheureusement morts car ils renvoient vers un forum qui n’existe plus.


Imagination et technique : un commentaire de Chriscool

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