Un choix peut-il être libre ?

Une partie d’Abalone, ou de n’importe quel autre jeu de stratégie combinatoire abstrait opposant deux joueurs, est une succession de coups où chaque joueur doit, à son tour de jeu, considérer ses options et tenter de faire le meilleur choix.

On dit parfois que la vie ressemble à une partie d’Échecs. On pourrait tout aussi bien dire qu’elle ressemble à une partie d’Abalone.

Il y a cependant une différence notable : dans le jeu, vous êtes libre d’accepter ou non la partie, et donc de choisir ou non d’avoir à choisir. De plus les règles sont fixées, et ne changeront pas en cours de route ; et même si votre adversaire est plus fort que vous, les mêmes règles s’appliquent pour l’un comme pour l’autre.

Dans la vie c’est différent. Dans l’absolu, en dehors des lois de la physique, les règles n’existent pas, elles sont à instituer. Et même si les forces en présence sont inégales, leur institution devrait être consensuelle et faire l’objet d’une réflexion et d’un débat.

Ce débat peut tourner au rapport de force dès lors qu’une des deux parties détient le pouvoir (économique, politique, militaire, etc.) de vous imposer les options de SON choix, et s’en arroge le droit.

Un choix peut-il être libre ? Est-on libre de choisir de faire un choix ou de ne pas faire de choix ? Les choix s’imposent-t-ils à nous ou nous les imposent-on ? A-t-on le droit de ne pas choisir ou le devoir de choisir ?

Je vous invite à y réfléchir avec cet article de Jean-Paul Galibert :

philosophie et existence!

Lorsqu’on propose un choix, chacun suppose et admet qu’il faut choisir. Prendre l’un ou l’autre, mais pas les deux, et surtout pas ni l’un ni l’autre. J’ai longtemps cru que le choix condamnait à un choix exclusif, en sorte que chaque choix cachait un sacrifice. Mais le pire, dans le choix, est peut-être d’obliger à prendre quelque chose, alors qu’on ne voulait rien. Le premier choix, dans le choix, est de choisir. Pourquoi accepte-t-on de choisir, avant même de choisir ceci ou cela ? Par paresse ? par peur ? par inadvertance ? ou simplement par habitude et par balourdise ? En consultant, on impose de prendre quelque chose, de valider un des choix. Or celui qui impose le choix n’a que faire de nos choix: tous les choix qu’il propose sont intéressants pour lui. Ce qui compte à ses yeux, c’est le choix implicite et primordial, celui par lequel…

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La politique de la main tendue…

…ne fonctionne pas toujours.

L’autre soir, en rentrant du boulot, alors que je m’apprête à monter à l’avant de mon train, une canne blanche téléguidée par un aveugle me coupe la route.

J’interpelle le bonhomme : « Monsieur ! La porte est ici ! », avec l’intention de le guider. D’un brusque mouvement de son bras libre et de la voix, il me rembarre, presque irrité : « Merci, mais je vais plus loin ! ». Et il poursuit son chemin à vive allure vers le bout du quai.

Alors qu’il s’éloigne hâtivement, je lui lance : « Monsieur ! C’est un train court !! ». Mais l’aveugle fait la sourde oreille.
Trop tard, la sonnerie retentit, je saute dans la rame.
Le pauvre diable est resté sur le quai…

Pour les joueurs et joueuses en réseau de l’application Abalone, c’est à peu près la même histoire. J’ai invité cette poignée de billes à venir discuter sur ce plateau afin de donner la parole aux invisibles, mais sans succès. Un seul d’entre eux – Pascal, alias Alvedro – répondu à l’appel, et je l’en remercie (en espérant qu’il y aura une suite… pas sûr !). L’émission va probablement devoir être déprogrammée (et peut-être remplacée par la diffusion du très bon « J’abuse ! », de Roman P. Qu’en pensez-vous ?).

Je rappelle qu’à la base ce blog devait être un lieu de rencontres et d’échanges. Si les ex-Netabaloniens ont décidé de le boycotter, c’est sûr qu’il perd beaucoup de son intérêt et de sa capacité d’action, et dans ce cas je ne vois pas pourquoi moi, je devrais faire pour eux des choses auxquelles je ne crois pas et dont je n’ai pas envie.

Je passe sur les actions immorales voire illégales que certain(e)s ex-Netabalonien(ne)s me suggèrent afin de faire auprès de mes lecteurs du racolage pour un produit qu’on trouve en deux clics sur Internet. Produit par ailleurs commercialisé par une entreprise privée qui a pignon sur rue et dont le chiffre d’affaire déclaré s’élève en 2018 à 40 596 200 € pour un capital social de 63 760 €. Je ne suis pas celle que vous croyez et je vous évite ainsi de finir derrière les barreaux pour proxénétisme aggravé. Je n’irai pas jusqu’à parler de secret professionnel (quoique…), mais certaines notions comme le consentement, la vie privée ou le respect des données personnelles semblent totalement échapper à certain(e)s d’entre vous.

Donc de deux choses l’une : ou bien les ex-Netabalonien(ne)s ont trouvé un autre moyen de faire entendre leur voix à l’extérieur de leur bulle, ou bien ils/elles n’ont encore rien fait et ne feront rien. Entre le plaisir de râler qu’il est si bon de faire durer, et la tendance naturelle au moindre effort qui réside en tout être humain, je pencherais pour la seconde hypothèse 🙄

L’offre tient toujours, mais au 1er décembre je passe à la politique du doigt tendu (et ce ne sera pas le pouce).

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Abalone, un jeu intergénérationnel

« S’il y a bien un mot pour définir Abalone, ce serait : intergénérationnel. Et vous, à quel âge avez vous commencé à jouer ? 😬 »

Cette très courte vidéo publiée sur le compte Facebook officiel d’Abalone est une invitation, pour ceux qui ont connu le jeu dans son jeune âge (et le leur !) à transmettre les valeurs abaloniennes aux nouvelles générations :

Abalone est-il politique ?

27/10/2019


Frédéric Lordon en 2013.

“En réalité, dès que des individus composent leur puissance d’agir, quels que soient les rapports sous lesquels cette composition s’effectue, nous avons là du politique.”

Frédéric Lordon, philosophe et économiste français (1962-)

*

Représentez-vous les pièces ou les billes comme des individus doués de volonté, et considérez le plateau ou l’abalonier comme le champ de leur action coordonnée : vous avez là une métaphore du politique.

Observez maintenant les manoeuvres et mouvements de poussée au cours d’une partie, transposez au monde réel, et vous comprenez que partout s’applique la loi du plus fort, que tout pouvoir politique, économique ou social se fonde sur une stratégie de rapports de forces : la cohésion de ses propres forces, ou l’émiettement des forces adverses, parfois supérieures. A l’issue de cette lutte émerge ou bien un dominant et un dominé, et donc un gagnant et un perdant, ou bien un nul et le maintien d’un statu quo.

Évidemment votre adversaire ne se privera pas d’essayer de vous convaincre que vous n’avez d’autre choix que de vous soumettre ; ou même – comble de l’audace et du vice – qu’il est dans votre intérêt de perdre.

Allez-vous vous laisser convaincre de renoncer à lutter ? A vous de décider quel degré de soumission vous êtes capables de supporter, ou au contraire quel degré de révolte vous êtes capable d’atteindre.

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Aux origines d’Abalone

« Il y a 30 ans, tout a commencé… Après la première édition en 1988, Abalone a traversé les générations et les années avec la même authenticité pour devenir le jeu de duel de référence. »

Dans cette très belle vidéo publiée sur le compte Facebook officiel du jeu, les deux créateurs reviennent fièrement sur les origines et les coulisses d’Abalone :

Deux bases de données Abalone à découvrir

Vous cherchez des vidéos de parties d’Abalone pour progresser ? Ou d’autres documents concernant Abalone ? Dans la barre latérale gauche, vous trouverez deux nouveaux widgets :

ABALONE GOOGLE DRIVE

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ABALONE ONLINE VIDEOS SUR YOUTUBE

En les explorant, vous en apprendrez beaucoup sur le jeu, sa mécanique, et dans quelle mesure il peut être considéré comme un sport de haut niveau, au même titre que les Echecs ou d’autres jeux de réflexion pure (^_-)—☆

Saisissez votre chance !

11/08/2019


Edward Kennedy « Duke » Ellington dans les années 1940.

“A problem is a chance for you to do your best.”*

* Un problème, c’est une chance qui s’offre à vous de faire de votre mieux.

[Traduction libre par FightClub]

Duke Ellington, musicien de jazz américain (1899-1974)

Retrouvez toutes les citations dans le Dictionnaire de citations.

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Duke Ellington au piano (date inconnue).

Aucun problème pour lui : Duke Ellington peut jouer les noires et les blanches en même temps !
Y a pas à dire, au piano, il touche sa bille ! (^_-)b

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