Le couvre-feu façon Abalone

Voici ce qui se passe actuellement en Ile-de-France et dans huit métropoles du territoire français :

6h, à domicile : la « France qui se lève tôt » se lève (tôt).

8h30, dans le métro ou le RER aux heures de pointe : « Allez ! Tous au boulot ! C’est en se serrant les coudes qu’on vaincra la pandémie ! » (à noter qu’avant, même sans masque, l’atmosphère était déjà étouffante, surtout l’été… 😓).

15h : distanciation sociale et respect des gestes barrière sur le lieu de travail pour protéger notre capital santé à tous, et le capital financier des épargnants épargnés (par les fins de mois difficiles, et si le hasard veut, par LE Covid-19*).

18h, dans le métro ou le RER aux heures de pointe : bousculades dans le respect des gestes disgracieux (mais masqués) ; chacun a hâte de « reconstituer sa force de travail ». Donc ce soir pas question d’aller faire du tapage nocturne, on s’endormira devant une « émission de divertissement ». Car les élites financières, qui possèdent les médias, l’ont bien compris : « Un homme diverti en vaut deux ». Pour la femme c’est la même chose, même si le partage des tâches domestiques et éducatives fait que globalement elle se divertit quand même beaucoup moins…).

« Allez ! Un bol de soupe et au lit tout le monde ! » 😴 (recommandation d’un comité scientifique indépendant financé par les plus grands laboratoires pharmaceutiques).

* Un pareil enfoiré ne peut-être que de sexe masculin. Mais l’Académie Française (une femme remplie d’hommes) affirme qu’on devrait dire « LA », au prétexte que « maladie », c’est féminin (alors que « remède » est masculin, c’est bien connu !). Pourtant on dit bien « LE week-end », et pas « LA week-end », même si « fin » est féminin. Alors, c’est quoi le problème ? 😜

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Hommage à Samuel Paty, professeur d’Histoire-Géographie-EMC


Samuel Paty, professeur de 47 ans, assassiné par un fanatique le 16 octobre 2020.

Hommage à Samuel Paty, martyr des valeurs de la République (liberté, égalité, fraternité, laïcité), professeur d’histoire-géographie et d’éducation morale et civique, dont le métier était de rendre les élèves libres, c’est-à-dire capables de réfléchir par eux-mêmes, au lieu qu’ils soient soumis consciemment ou le plus souvent inconsciemment à des injonctions extérieures, dépendantes du milieu dans lequel ils sont nés ou dans lequel ils vivent.

Hommage à tou.te.s mes ami.e.s et collègues ou ancien.ne.s collègues qui exercent le même métier et qui auraient pu être à sa place. L’avenir de notre pays et de notre société reposent en grande partie sur leurs épaules et ils/elles le savent.
Les forces adverses sont puissantes et multiformes et ils/elles le savent.
Ceux qui les critiquent pour des motifs futiles ou par une jalousie mal placée l’oublient souvent. Qu’ils s’en rappellent : pour d’autres raisons que le policier, le bijoutier ou le pompiste, c’est aussi un métier pour lequel on peut être blessé.e, ou tué.e. Alors que ce métier n’a d’autre but que de servir l’intérêt commun, et qu’ils/elles n’ont d’autre but que de donner à leurs élèves les chances d’un avenir le meilleur possible.

Ici comme ailleurs, aujourd’hui comme hier et comme demain, qu’ils soient solitaires, en meutes, en groupes organisés ou aux manettes d’entreprises criminelles ou d’États totalitaires, les assassins resteront de pauvres abrutis dont les actes abominables ne font que renforcer les idées et les valeurs qu’ils combattent. La vie se nourrit de la mort, la liberté se renforce de l’oppression, le courage jaillit de la terreur, la justice se construit sur le refus de l’inacceptable.

Il faut croire en l’avenir.

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MY NAME IS FIGHT!

My name is Fight, and I am funky!
My name is Fight, the one and only!

I did not come to fun around
’til I get your 6 marbles I won’t leave this board
Without a pistol, without a gun
When you see my style, you’ll be havin’ fun
I ain’t sayin’ I’m better, no better than you
But if you wanna play with me, you better know the rules

My name is Fight, and I am funky!
My name is Fight, the one and only!
My name is Fight!
My name is Fight!
My name is Fight!
My name is Fight!
My name is Fight!
My name is Fight!

Paroles adaptées de My Name Is Prince, piste 1 de l’album de Prince, Love Symbol (1992).

Prince died on April 21 at the age of 57. FightClub is still alive, as evidenced by this blog!

L’hymne des billes

L’HYMNE DES BILLES

Nous qui sommes sans passé, les billes
Nous qui n’avons pas d’histoire
Depuis la nuit des temps, les billes
Nous sommes le continent noir.

Refrain :
Debout billes esclaves
Et brisons nos entraves
Debout, debout, debout !

Asservies, humiliées, les billes
Achetées, vendues, volées
Dans toutes les maisons, les billes
Hors du monde reléguées.

(Refrain)

Seules dans notre malheur, les billes
L’une de l’autre ignorée
Ils nous ont divisées, les billes
Et de nos sœurs séparées.

(Refrain)

Le temps de la colère, les billes
Notre temps, est arrivé
Connaissons notre force, les billes
Découvrons-nous des milliers !

(Refrain)

Reconnaissons-nous, les billes
Parlons-nous, regardons-nous,
Ensemble, on nous opprime, les billes
Ensemble, révoltons-nous !

Dernier refrain :
Debout billes esclaves
Et jouissons sans entraves
Debout, debout, debout !

(Paroles : Sur L’Hymne des Femmes,
par un collectif de militantes du MLF, mars 1971
Musique : Sur l’air de Chant des Marais, de Rudi Goguel)

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Site de La maison des femmes

The fight goes on.

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Évaluation

19/01/2020


Friedrich Nietzsche

« […] in unserm überlegenden Bewußtsein treten vor einer Tat der Reihe nach die Folgen verschiedener Taten hervor, welche alle wir meinen tun zu können, und wir vergleichen diese Folgen. Wir meinen, zu einer Tat entschieden zu sein, wenn wir festgestellt haben, daß ihre Folgen die überwiegend günstigeren sein werden; ehe es zu diesem Abschluß unserer Erwägung kommt, quälen wir uns oft redlich, wegen der großen Schwierigkeit, die Folgen zu erraten, sie in ihrer ganzen Stärke zu sehen und zwar alle, ohne Fehler der Auslassung zu machen: wobei die Rechnung überdies noch mit dem Zufalle dividiert werden muß. »

(Morgenröte, Zweites Buch, 129. Der angebliche Kampf der Motive, 1881)

°

[…] Avant un acte, notre conscience réfléchissante voit défiler successivement les conséquences de différents actes que nous croyons tous pouvoir exécuter, et nous comparons les conséquences. Nous croyons être décidé à un acte lorsque nous avons constaté que ses conséquences seront en majorité favorables ; avant d’en arriver à cette conclusion de nos évaluations, nous nous sommes souvent bien tourmentés, par suite de la grande difficulté qu’il y a à deviner les conséquences, à les apercevoir dans toute leur force, et surtout dans leur totalité, sans la moindre omission : en outre ce calcul doit faire aussi la part du hasard.

(Aurore, Livre deuxième, 129. Le prétendu combat des mobiles, 1881)

Friedrich Nietzsche, philosophe allemand (1844-1900)

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Retrouvez toutes les citations dans le Dictionnaire de citations.

Un choix peut-il être libre ?

Une partie d’Abalone, ou de n’importe quel autre jeu de stratégie combinatoire abstrait opposant deux joueurs, est une succession de coups où chaque joueur doit, à son tour de jeu, considérer ses options et tenter de faire le meilleur choix.

On dit parfois que la vie ressemble à une partie d’Échecs. On pourrait tout aussi bien dire qu’elle ressemble à une partie d’Abalone.

Il y a cependant une différence notable : dans le jeu, vous êtes libre d’accepter ou non la partie, et donc de choisir ou non d’avoir à choisir. De plus les règles sont fixées, et ne changeront pas en cours de route ; et même si votre adversaire est plus fort que vous, les mêmes règles s’appliquent pour l’un comme pour l’autre.

Dans la vie c’est différent. Dans l’absolu, en dehors des lois de la physique, les règles n’existent pas, elles sont à instituer. Et même si les forces en présence sont inégales, leur institution devrait être consensuelle et faire l’objet d’une réflexion et d’un débat.

Ce débat peut tourner au rapport de force dès lors qu’une des deux parties détient le pouvoir (économique, politique, militaire, etc.) de vous imposer les options de SON choix, et s’en arroge le droit.

Un choix peut-il être libre ? Est-on libre de choisir de faire un choix ou de ne pas faire de choix ? Les choix s’imposent-t-ils à nous ou nous les imposent-on ? A-t-on le droit de ne pas choisir ou le devoir de choisir ?

Je vous invite à y réfléchir avec cet article de Jean-Paul Galibert :

philosophie et existence!

Lorsqu’on propose un choix, chacun suppose et admet qu’il faut choisir. Prendre l’un ou l’autre, mais pas les deux, et surtout pas ni l’un ni l’autre. J’ai longtemps cru que le choix condamnait à un choix exclusif, en sorte que chaque choix cachait un sacrifice. Mais le pire, dans le choix, est peut-être d’obliger à prendre quelque chose, alors qu’on ne voulait rien. Le premier choix, dans le choix, est de choisir. Pourquoi accepte-t-on de choisir, avant même de choisir ceci ou cela ? Par paresse ? par peur ? par inadvertance ? ou simplement par habitude et par balourdise ? En consultant, on impose de prendre quelque chose, de valider un des choix. Or celui qui impose le choix n’a que faire de nos choix: tous les choix qu’il propose sont intéressants pour lui. Ce qui compte à ses yeux, c’est le choix implicite et primordial, celui par lequel…

Voir l’article original 16 mots de plus

La lutte des mots — philosophie et existence !

Les gilets jaunes ont mis quelque chose de neuf dans le mot Champs-Elysées. Désormais, l’obscénité de cet étalage de richesse apparaît mieux dans sa précarité, ainsi que dans sa poreuse proximité aux grands lieux de pouvoir. Ce ne sont que des lieux qu’un peuple peut prendre. Non qu’il le veuille ou qu’il le faille, mais […]

Reblog de l’article de Jean-Paul Galibert : La lutte des mots — philosophie et existence!