Qu’est-ce qu’une variante ?

Qu’est-ce qu’une variante ?

On ne peut aborder la question des variantes sans définir d’abord ce que l’on appelle une « variante » dans le langage d’abalone.

On peut donner une définition simple et pratique des variantes : une variante est une façon de jouer au jeu d’abalone qui diffère du jeu originel tel qu’on pouvait le trouver dans les premières boîtes d’abalone (cf. la règle du jeu).

Abalone, on le sait par expérience, se prête à une infinité de variantes, si bien qu’il serait vain de vouloir les recenser. On peut toutefois analyser les variantes et les distinguer les unes des autres, selon des critères simples.

Distinction entre les variantes

Les variantes, on l’a dit, sont des modes de jeu issus de modifications du jeu originel ; ces modifications peuvent porter sur l’une ou l’autre des deux composantes du jeu, à savoir :

1 – le matériel

2 – les règles.

Il existe une troisième donnée du jeu, qui lie la composante « matériel » et la composante « règles ». C’est le mécanisme. Le mécanisme d’abalone est fondé sur le principe de la poussée par supériorité numérique. C’est une donnée intrinsèque et intangible, qui ne peut subir de modification, sans quoi on n’est plus – à mon avis – dans le jeu d’abalone. Attention : je considère que le nombre de billes qu’il est possible de pousser peut être modifié, car ce nombre est défini par la règle et non par le mécanisme lui-même.

Une variante peut aussi combiner des modifications des deux composantes ; nous avons donc trois grandes catégories de variantes :

1 – les variantes par modification du matériel

2 – les variantes par modification des règles

3 – les variantes par modification du matériel et des règles.

Je ne considère pas qu’un blitz, qui ne modifie ni le matériel ni les règles, soit une variante, même si la limitation de temps peut avoir une influence sur le déroulement du jeu.

Par ailleurs, il faut garder à l’esprit que si tout est permis en matière de variantes (pourvu que les adversaires s’entendent avant le début de la partie), tout ne fonctionne pas forcément, et certaines modifications peuvent très bien gripper la mécanique du jeu.

Variantes et limites du jeu d’abalone

Tout cela soulève une question difficile : jusqu’à quel point peut-on modifier les composantes matérielles ou réglementaires du jeu d’abalone, sans sortir du jeu d’abalone ?

Pour les puristes (je me risquerais presque à dire « les intégristes » ), ne mérite le nom d’ abalone que le seul jeu correspondant à la version originelle : 14 billes noires, 14 billes blanches, en configuration de départ standard, sur un tablier de 61 cases.

Il serait pourtant dommage, je crois, de se priver des autres configurations de départ, qui renouvellent indiscutablement l’intérêt du jeu. Ce n’est pas un hasard si les instances des plus grandes compétitions abaloniennes ont décidé d’adopter la marguerite belge pour configuration de départ.

Oui mais voilà, les variantes ne s’arrêtent pas aux configurations de départ, et l’on peut tout imaginer en la matière. Alors où commence et où s’arrête le jeu d’abalone ? La question est si difficile qu’elle est allée jusque devant les tribunaux : on se souvient des démêlés entre abalone et Akiba (http://traboulet.free.fr/pages/page_Akiba.htm), la justice ayant finalement tranché en faveur de ce dernier. Dans le même ordre d’idées, on pourrait se demander si le jeu Siam n’est pas une version simplifiée d’abalone.

On observe par ailleurs que des éditions tout à fait officielles du jeu d’abalone proposent des variantes tant du point de vue des règles que du matériel : Abalone Junior (18 billes, tablier de 37 cases),  Abalone Edition Spéciale (18 billes, tablier de 31 case qui n’est même pas hexagonal),  Abalone + multijoueurs (Abalone Quattro) (3, 4 ou même 6 joueurs, et autant de couleurs de billes). A priori, on est bien là dans le jeu d’abalone. Sans parler d’Offboard, présenté comme « le nouvel abalone » (c’est écrit sur la boîte) ; clone, avatar, descendant ou variante, celui-là au moins ne risque pas le procès, et pour cause…

Je suis, je l’avoue, incapable de définir précisément les contours du jeu d’abalone. Toutefois, je vois deux critères qui doivent nécessairement et cumulativement être remplis pour qu’un jeu (je parle de jeu de stratégie combinatoire à information complète) puisse éventuellement être considéré comme une variante d’abalone :

– le principe de la poussée par supériorité numérique,

– la multidirectionnalité des mouvements, une case étant traversée par trois axes, une pièces pouvant se déplacer dans six directions (à l’exclusion des cases du bord, régies par des règles particulières).

En faisant application de ces critères, on peut affirmer sans crainte de se tromper qu’Akiba et Siam ne sont pas des variantes ou des copies d’Abalone. Pour autant, on ne peut considérer qu’un jeu de plateau remplissant ces deux critères serait forcément une variante d’abalone.

Alors ? Alors je vois deux choses à faire : la première est de ne pas hésiter à faire preuve d’imagination pour s’amuser, et tant pis pour les puristes ; la seconde est de revenir parfois aux fondamentaux : 28 billes sur un hexagone de 61 cases, et la règle du jeu officielle.

Gramgroum

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