Polémique autour d’un événement

Bin non, c’est pas une faute d’orthographe pauv’ cloche ! Et t’es soi-disant prof de Français au lycée ? MDR !!

« Autant ne pas faire durer le suspense, il est tout à fait correct d’écrire événement avec un accent aigu ou évènement avec un accent grave. La distinction s’est opérée lors d’une réforme de l’orthographe de la langue française en 1990. Maintenant, les dictionnaires proposent les deux orthographes. » (source)

Et toc !

Et puis il n’y a qu’à voir le graphique de Google Books Ngram Viewer pour se rendre compte que même si la graphie évènement fait « moderne », qu’elle est « tendance » et qu’elle fleure bon l’esprit startup, elle reste dérisoirement marginale !


Fréquence comparative des graphies événement et évènement sur la période 1800-2008

Donc je continuerai à écrire partout sur ce blog événement, et pas évènement (bèèèèèè !!) q:

*

Je préfère ne pas dire ce que je pense de la réforme de l’orthographe de 1990, afin d’éviter d’être grossier, ni de ce qu’on qualifie généralement de « réformes », dont le but est la plupart du temps :

  • soit d’altérer ou de détruire quelque chose qui fonctionnait bien, sous le prétexte fallacieux de l’améliorer ou de le rendre plus compétitif,
  • soit de changer l’habillage de quelque chose qui ne fonctionne pas pour faire croire au bon peuple qu’on s’attaque au problème, alors qu’il n’en est rien,
  • soit de conforter la position dominante d’une élite. Car ce sont les élites qui pondent ces réformes, et il faudrait être bien naïf pour s’imaginer qu’elles ne le font pas à leur avantage.

En prenant uniquement le cas de la réforme de l’orthographe de 1990, elle n’a pas aboli les anciennes règles, elle n’a fait que lui en superposer de nouvelles. Maintenant, les deux usages cohabitent et nombreux sont ceux qui ne savent plus comment il faut écrire. Cette orthographe prétendument simplifiée n’a fait que compliquer les choses en introduisant le doute. Et ouvert la voie à cette idée qui se répand, que chacun peut écrire comme il l’entend sans que cela affecte le sens ou d’autres aspects (comme la pertinence d’une requête dans un moteur de recherche, par exemple).

Si on transpose cette situation au jeu, puisque c’est ça qui nous intéresse ici, les choses vont devenir compliquées si plusieurs règles coexistent et que chacun applique celle qu’il préfère. Il y a forcément un moment où cela va poser problème : une situation va apparaître, où il faudra faire un choix entre la règle de l’un et celle de l’autre. Tant que ce conflit de règles ne sera pas résolu, il y aura blocage, et le jeu ne pourra pas se poursuivre.

L’idéal dans ce cas est de pouvoir se reporter à une règle officielle. Elle doit permettre de décider qui a raison, et quoi faire, sans ambiguïté. Mais parfois la règle officielle ne permet pas de statuer sur certaines situations. Dans ce cas, c’est qu’elle est incomplète. Pire, sur certains aspects, une règle peut être contradictoire, ce qui rend le jeu partiellement injouable.

Si les joueurs n’ont pas accès à la règle officielle, ou si elle est incomplète ou contradictoire, ils sont obligés de légiférer, autrement dit de fixer eux-mêmes une règle qui sera fonctionnelle. Si à l’usage il s’avère qu’elle ne l’est pas, ils devront la changer.

Cette activité législative des joueurs, souvent basée sur la méconnaissance ou l’ignorance des vraies règles, peut donner lieu à des variantes amusantes et parfois intéressantes, comme nous avons pu le constater en maintes occasions lors de nos présentations du jeu Abalone auprès du grand public. Je vous présenterai prochainement les bizarreries les plus couramment en usage chez ceux qui « réinventent » les règles d’Abalone (:

FightClub

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Piliers et puits

(nouvelle version)

Les variantes « piliers » et « puits » se jouent exclusivement offline.

Elles sont à la fois proches et opposées.

Dans les deux cas, le tablier cesse d’être un espace homogène : une ou plusieurs cases sont interdites.

Piliers :

La case ou les cases interdites sont considérées comme des obstacles (cases pleines).

On ne peut ni y transiter, ni y pousser l’adversaire.

Les joueurs s’accordent à l’avance sur la case ou les cases interdites, et celui qui transgresse l’interdit (a priori par inadvertance) perd la partie par coup illégal, ce qui est assez rare à abalone. Cette variante exige donc d’être particulièrement attentif.

Le pilier peut être central (E5) ou non, unique ou non. Il peut être soit invisible (juste défini par ses coordonnées, il faut se souvenir de l’endroit), soit matérialisé par une bille différente de celles des deux camps. Avec 61 cases, multiplié par toutes les variantes de départ jouables, je vous laisse imaginer le nombre de possibilités.

Puits :

La case ou les cases interdites sont considérées comme des trous (cases vides).

On ne doit pas y transiter mais on peut y pousser l’adversaire pour l’éjecter.

Là encore, le pilier peut être central ou non, unique ou non.

L’intérêt de ces variantes :

Avec ces manières de jouer, on entre dans une sorte de géométrie non-euclidienne qui bouleverse les repères et les stratégies habituels. Outre le fait de mettre du piment dans le jeu (s’il en était besoin…), elles présentent aussi un intérêt dans le fait qu’elles obligent à plus de vigilance, plus de réflexion, et plus d’anticipation.

Je suis convaincu que leur pratique améliorera la qualité de votre jeu.

FightClub

Version initiale (page)

Page annexe : Pilier, une nouvelle variante sur MiGs