Évaluation

19/01/2020


Friedrich Nietzsche

« […] in unserm überlegenden Bewußtsein treten vor einer Tat der Reihe nach die Folgen verschiedener Taten hervor, welche alle wir meinen tun zu können, und wir vergleichen diese Folgen. Wir meinen, zu einer Tat entschieden zu sein, wenn wir festgestellt haben, daß ihre Folgen die überwiegend günstigeren sein werden; ehe es zu diesem Abschluß unserer Erwägung kommt, quälen wir uns oft redlich, wegen der großen Schwierigkeit, die Folgen zu erraten, sie in ihrer ganzen Stärke zu sehen und zwar alle, ohne Fehler der Auslassung zu machen: wobei die Rechnung überdies noch mit dem Zufalle dividiert werden muß. »

(Morgenröte, Zweites Buch, 129. Der angebliche Kampf der Motive, 1881)

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[…] Avant un acte, notre conscience réfléchissante voit défiler successivement les conséquences de différents actes que nous croyons tous pouvoir exécuter, et nous comparons les conséquences. Nous croyons être décidé à un acte lorsque nous avons constaté que ses conséquences seront en majorité favorables ; avant d’en arriver à cette conclusion de nos évaluations, nous nous sommes souvent bien tourmentés, par suite de la grande difficulté qu’il y a à deviner les conséquences, à les apercevoir dans toute leur force, et surtout dans leur totalité, sans la moindre omission : en outre ce calcul doit faire aussi la part du hasard.

(Aurore, Livre deuxième, 129. Le prétendu combat des mobiles, 1881)

Friedrich Nietzsche, philosophe allemand (1844-1900)

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Un choix peut-il être libre ?

Une partie d’Abalone, ou de n’importe quel autre jeu de stratégie combinatoire abstrait opposant deux joueurs, est une succession de coups où chaque joueur doit, à son tour de jeu, considérer ses options et tenter de faire le meilleur choix.

On dit parfois que la vie ressemble à une partie d’Échecs. On pourrait tout aussi bien dire qu’elle ressemble à une partie d’Abalone.

Il y a cependant une différence notable : dans le jeu, vous êtes libre d’accepter ou non la partie, et donc de choisir ou non d’avoir à choisir. De plus les règles sont fixées, et ne changeront pas en cours de route ; et même si votre adversaire est plus fort que vous, les mêmes règles s’appliquent pour l’un comme pour l’autre.

Dans la vie c’est différent. Dans l’absolu, en dehors des lois de la physique, les règles n’existent pas, elles sont à instituer. Et même si les forces en présence sont inégales, leur institution devrait être consensuelle et faire l’objet d’une réflexion et d’un débat.

Ce débat peut tourner au rapport de force dès lors qu’une des deux parties détient le pouvoir (économique, politique, militaire, etc.) de vous imposer les options de SON choix, et s’en arroge le droit.

Un choix peut-il être libre ? Est-on libre de choisir de faire un choix ou de ne pas faire de choix ? Les choix s’imposent-t-ils à nous ou nous les imposent-on ? A-t-on le droit de ne pas choisir ou le devoir de choisir ?

Je vous invite à y réfléchir avec cet article de Jean-Paul Galibert :

philosophie et existence!

Lorsqu’on propose un choix, chacun suppose et admet qu’il faut choisir. Prendre l’un ou l’autre, mais pas les deux, et surtout pas ni l’un ni l’autre. J’ai longtemps cru que le choix condamnait à un choix exclusif, en sorte que chaque choix cachait un sacrifice. Mais le pire, dans le choix, est peut-être d’obliger à prendre quelque chose, alors qu’on ne voulait rien. Le premier choix, dans le choix, est de choisir. Pourquoi accepte-t-on de choisir, avant même de choisir ceci ou cela ? Par paresse ? par peur ? par inadvertance ? ou simplement par habitude et par balourdise ? En consultant, on impose de prendre quelque chose, de valider un des choix. Or celui qui impose le choix n’a que faire de nos choix: tous les choix qu’il propose sont intéressants pour lui. Ce qui compte à ses yeux, c’est le choix implicite et primordial, celui par lequel…

Voir l’article original 16 mots de plus

Alea jacta est : les dés sont jetés… à la poubelle !

23/06/2019


(Lisa Rougetet en janvier 2018)

L’intervention du hasard dans un jeu est un mécanisme qui, en quelque sorte, prend les décisions à la place du joueur. Comme les jeux combinatoires sont déterminés, c’est-à-dire sans hasard, il y a un ensemble fini de solutions possibles, et donc toujours une succession de coups qui amène à la victoire (ou au match nul). On peut donc construire une stratégie gagnante, ce qui laisse au joueur le plein contrôle sur le jeu, même s’il faut anticiper les coups de l’adversaire.

(Interview réalisée par l’Institut Henri Poincaré)

Lisa Rougetet, historienne des mathématiques française (19??-)

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Polémique autour d’un événement

Bin non, c’est pas une faute d’orthographe pauv’ cloche ! Et t’es soi-disant prof de Français au lycée ? MDR !!

« Autant ne pas faire durer le suspense, il est tout à fait correct d’écrire événement avec un accent aigu ou évènement avec un accent grave. La distinction s’est opérée lors d’une réforme de l’orthographe de la langue française en 1990. Maintenant, les dictionnaires proposent les deux orthographes. » (source)

Et toc !

Et puis il n’y a qu’à voir le graphique de Google Books Ngram Viewer pour se rendre compte que même si la graphie évènement fait « moderne », qu’elle est « tendance » et qu’elle fleure bon l’esprit startup, elle reste dérisoirement marginale !


Fréquence comparative des graphies événement et évènement sur la période 1800-2008

Donc je continuerai à écrire partout sur ce blog événement, et pas évènement (bèèèèèè !!) q:

*

Je préfère ne pas dire ce que je pense de la réforme de l’orthographe de 1990, afin d’éviter d’être grossier, ni de ce qu’on qualifie généralement de « réformes », dont le but est la plupart du temps :

  • soit d’altérer ou de détruire quelque chose qui fonctionnait bien, sous le prétexte fallacieux de l’améliorer ou de le rendre plus compétitif,
  • soit de changer l’habillage de quelque chose qui ne fonctionne pas pour faire croire au bon peuple qu’on s’attaque au problème, alors qu’il n’en est rien,
  • soit de conforter la position dominante d’une élite. Car ce sont les élites qui pondent ces réformes, et il faudrait être bien naïf pour s’imaginer qu’elles ne le font pas à leur avantage.

En prenant uniquement le cas de la réforme de l’orthographe de 1990, elle n’a pas aboli les anciennes règles, elle n’a fait que lui en superposer de nouvelles. Maintenant, les deux usages cohabitent et nombreux sont ceux qui ne savent plus comment il faut écrire. Cette orthographe prétendument simplifiée n’a fait que compliquer les choses en introduisant le doute. Et ouvert la voie à cette idée qui se répand, que chacun peut écrire comme il l’entend sans que cela affecte le sens ou d’autres aspects (comme la pertinence d’une requête dans un moteur de recherche, par exemple).

Si on transpose cette situation au jeu, puisque c’est ça qui nous intéresse ici, les choses vont devenir compliquées si plusieurs règles coexistent et que chacun applique celle qu’il préfère. Il y a forcément un moment où cela va poser problème : une situation va apparaître, où il faudra faire un choix entre la règle de l’un et celle de l’autre. Tant que ce conflit de règles ne sera pas résolu, il y aura blocage, et le jeu ne pourra pas se poursuivre.

L’idéal dans ce cas est de pouvoir se reporter à une règle officielle. Elle doit permettre de décider qui a raison, et quoi faire, sans ambiguïté. Mais parfois la règle officielle ne permet pas de statuer sur certaines situations. Dans ce cas, c’est qu’elle est incomplète. Pire, sur certains aspects, une règle peut être contradictoire, ce qui rend le jeu partiellement injouable.

Si les joueurs n’ont pas accès à la règle officielle, ou si elle est incomplète ou contradictoire, ils sont obligés de légiférer, autrement dit de fixer eux-mêmes une règle qui sera fonctionnelle. Si à l’usage il s’avère qu’elle ne l’est pas, ils devront la changer.

Cette activité législative des joueurs, souvent basée sur la méconnaissance ou l’ignorance des vraies règles, peut donner lieu à des variantes amusantes et parfois intéressantes, comme nous avons pu le constater en maintes occasions lors de nos présentations du jeu Abalone auprès du grand public. Je vous présenterai prochainement les bizarreries les plus couramment en usage chez ceux qui « réinventent » les règles d’Abalone (:

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King, Hawking: kingdom of the mind

08/04/2018


Le stratège non-violent américain Dr. Martin Luther King Jr.,
assassiné il y a 50 ans, le 4 avril 1968.

“Quiet people have the loudest minds.” *

Stephen Hawking, physicien théoricien anglais (1942-2018)

* Les gens silencieux sont les plus réfléchis. Ou comme dirait le Général McCain lorsqu’il joue en marguerite belge et qu’il a la frite : « C’est ceux qui parlent le moins qui en éjectent le plus ! » (^▽^)

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Choix décisifs

29/10/2017

“C’est au moment où vous prenez votre décision que vous déterminez votre avenir.”

Tony Robbins, coach américain (1960-)

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Blanc a fait un choix qui lui sera fatal : maintenant, Noir ne peut plus perdre !

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