Le projet de réforme du temps de jeu

Le projet de réforme des retraites est aussi, par répercussion, un projet de réforme du temps « libre » : celui que les retraités peuvent consacrer à la vie sociale ou associative, à la solidarité – notamment entre générations en aidant ses enfants et petits-enfants avant que l’inéluctable vieillissement oblige à une inversion de cette solidarité – et aux loisirs, notamment le jeu.

Travailler plus pour pouvoir survivre quand on ne travaillera plus, voilà le deal proposé à ceux qui vivent de leur travail. Ceux qui vivent d’autre chose que de leur travail présent ou passé – peu nombreux, mais dont le poids sur les orientations politiques, économiques et sociales est disproportionné – ne sont pas impactés.

Nous vivons dans une dystopie qui pourrait s’aggraver : de futures réformes nous imposeront peut-être un jour une durée légale du temps de vie fixée selon un système à points basé sur la productivité supposée de chaque travailleur, ou bien un calcul universel et plus juste de la pension des futur(e)s retraité(e)s sur l’ensemble de leur existence depuis la naissance, pour compenser les carrières longues de ceux qui ont commencé à trimer tôt 🤥

« Et en même temps », le montant annuel des transactions financières en France s’élevait en 2018 à plus de 530 milliards (soit 530 000 000 000 €) 🤫 Sachant que, selon l’économiste français François Morin, 95% du montant de ces transactions financières sert uniquement la spéculation boursière, dont la fonction est essentiellement de tirer un bénéfice du travail d’autrui sans travailler soi-même 🤢 🤮

Mais bon, vous trouverez certainement des gens pour vous expliquer que spéculer est un boulot comme un autre, une activité productive et même très rentable, et vous inviter à spéculer vous aussi en investissant vos quatre sous pour compenser un peu votre retraite de misère et financer vos vieux jours… 🤑 😈

Pour ma part, si vous voulez spéculer, je vous déconseille les coups en bourse et vous recommande les coups sur un plateau d’Abalone, en live ou en ligne (sur l’application Abalone). C’est totalement improductif, mais moins stressant et tellement plus jouissif ! 🤩 🥳 Et tout ce que vous risquer de perdre, ce sont quelques parties, et non toutes vos économies dans le prochain krach boursier qui surviendra inévitablement… 😉 😌

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Un choix peut-il être libre ?

Une partie d’Abalone, ou de n’importe quel autre jeu de stratégie combinatoire abstrait opposant deux joueurs, est une succession de coups où chaque joueur doit, à son tour de jeu, considérer ses options et tenter de faire le meilleur choix.

On dit parfois que la vie ressemble à une partie d’Échecs. On pourrait tout aussi bien dire qu’elle ressemble à une partie d’Abalone.

Il y a cependant une différence notable : dans le jeu, vous êtes libre d’accepter ou non la partie, et donc de choisir ou non d’avoir à choisir. De plus les règles sont fixées, et ne changeront pas en cours de route ; et même si votre adversaire est plus fort que vous, les mêmes règles s’appliquent pour l’un comme pour l’autre.

Dans la vie c’est différent. Dans l’absolu, en dehors des lois de la physique, les règles n’existent pas, elles sont à instituer. Et même si les forces en présence sont inégales, leur institution devrait être consensuelle et faire l’objet d’une réflexion et d’un débat.

Ce débat peut tourner au rapport de force dès lors qu’une des deux parties détient le pouvoir (économique, politique, militaire, etc.) de vous imposer les options de SON choix, et s’en arroge le droit.

Un choix peut-il être libre ? Est-on libre de choisir de faire un choix ou de ne pas faire de choix ? Les choix s’imposent-t-ils à nous ou nous les imposent-on ? A-t-on le droit de ne pas choisir ou le devoir de choisir ?

Je vous invite à y réfléchir avec cet article de Jean-Paul Galibert :

philosophie et existence!

Lorsqu’on propose un choix, chacun suppose et admet qu’il faut choisir. Prendre l’un ou l’autre, mais pas les deux, et surtout pas ni l’un ni l’autre. J’ai longtemps cru que le choix condamnait à un choix exclusif, en sorte que chaque choix cachait un sacrifice. Mais le pire, dans le choix, est peut-être d’obliger à prendre quelque chose, alors qu’on ne voulait rien. Le premier choix, dans le choix, est de choisir. Pourquoi accepte-t-on de choisir, avant même de choisir ceci ou cela ? Par paresse ? par peur ? par inadvertance ? ou simplement par habitude et par balourdise ? En consultant, on impose de prendre quelque chose, de valider un des choix. Or celui qui impose le choix n’a que faire de nos choix: tous les choix qu’il propose sont intéressants pour lui. Ce qui compte à ses yeux, c’est le choix implicite et primordial, celui par lequel…

Voir l’article original 16 mots de plus

Abalone est-il politique ?

27/10/2019


Frédéric Lordon en 2013.

“En réalité, dès que des individus composent leur puissance d’agir, quels que soient les rapports sous lesquels cette composition s’effectue, nous avons là du politique.”

Frédéric Lordon, philosophe et économiste français (1962-)

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Représentez-vous les pièces ou les billes comme des individus doués de volonté, et considérez le plateau ou l’abalonier comme le champ de leur action coordonnée : vous avez là une métaphore du politique.

Observez maintenant les manoeuvres et mouvements de poussée au cours d’une partie, transposez au monde réel, et vous comprenez que partout s’applique la loi du plus fort, que tout pouvoir politique, économique ou social se fonde sur une stratégie de rapports de forces : la cohésion de ses propres forces, ou l’émiettement des forces adverses, parfois supérieures. A l’issue de cette lutte émerge ou bien un dominant et un dominé, et donc un gagnant et un perdant, ou bien un nul et le maintien d’un statu quo.

Évidemment votre adversaire ne se privera pas d’essayer de vous convaincre que vous n’avez d’autre choix que de vous soumettre ; ou même – comble de l’audace et du vice – qu’il est dans votre intérêt de perdre.

Allez-vous vous laisser convaincre de renoncer à lutter ? A vous de décider quel degré de soumission vous êtes capables de supporter, ou au contraire quel degré de révolte vous êtes capable d’atteindre.

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Le problème du mois : juillet 2019

Un problème écologique inédit.

UNE STRATÉGIE À L’ÉPREUVE DES BILLES

TRAIT : BLANC
NIVEAU : UN PEU TECHNIQUE

5-4. C’est votre tour. Vous jouez Blanc et vous gagnez en 4 coups.
Vous jouez en mode économie d’énergie : pour un même résultat, vous choisissez la solution qui mobilisera dans chaque camp le moins de billes possibles.
Il peut y avoir plusieurs solutions.

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L’argent des jeux

17/03/2019


Didier Morville (alias JoeyStarr, à g.) et Bruno Lopes (alias Kool Shen, à d.)

“L’argent pourrit les gens [ jeux ].”

(L’argent pourrit les gens, piste 3 de l’album Authentik, 3 juin 1991)

Suprême NTM, groupe de hip-hop français (1988-)

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Gilets jaunes contre uniformes bleus


Le 01/12/2018, forces de police et gilets jaunes se font face à Charleville-Mézières.
(cliquez pour agrandir)

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La situation du point de vue de Jaune
(c’est Bleu qui lance l’assaut en premier, conformément à la règle d’Abalone)
(cliquez pour agrandir)

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Combien gagne un CRS ? (les chiffres datent de 2013, mais sont quasiment identiques en 2018)

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Que diable allait-il faire dans cette galère ?

Les conseilleurs ne sont pas les payeurs. C’est pourquoi je me sens plutôt mal placé pour critiquer les erreurs de qui que ce soit, moi qui brille sur MiGs non pas par mes victoires, mais par mon absence (temporaire bien sûr !).

Pourtant, voici un coup qui me fait mal aux yeux autant qu’un son cacophonique aux oreilles d’un mélomane : le coup 39 de la partie 32792 (consultable dans l’historique de MiGs). On y voit KALVINH y développer contre boulet un jeu ingénieux, brillant et offensif, jusqu’au coup 38. On est alors à 3 coups de la victoire, à 5-0. Une partie que j’ai bien envie de poster dans « La belge du mois de janvier 2017 » (^^)//


(partie 32792, coup 38 : jusqu’ici tout va bien…)

Aaargh !!! Mais que fais-tu, malheureux ?!? Tu tenais la sixième et tu la laisse échapper !!! C’était g8h8 qu’il fallait jouer, pas h6h7i7 !!!

Quand on tient son boulet, il ne faut pas le laisser filer ! Heureusement pour KALVINH, il a les reins assez solides pour surmonter cette én(°O°)rme erreur que beaucoup d’autres auraient payé au prix d’une défaite. Il finira donc par l’emporter à l’issue d’une longue bataille de 150 coups au total, profitant d’une avance matérielle conséquente (en tout cas au départ) et de l’avantage précieux que constitue l’éjection de la cinquième bille, qui empêche alors d’adversaire de développer pleinement son jeu.

Alors KALVINH, que diable allais-tu faire dans cette galère ? Que d’énergie dépensée inutilement ! Ça ne te dirait pas de te pencher sur la notion d’efficacité énergétique ? ^^

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