La variante de juillet : Snakes variante

Le principe de cette rubrique est de mettre chaque mois en lumière une variante par le biais d’une partie ancienne ou inédite.

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La subtile stratégie du sournois serpent.

Snakes variante
Snakes variante

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Snakes variante est une variante équilibrée, de type entrecroisé, sans symétrie interne à chaque camp. Elle fait partie des variantes dites « classiques », un terme désignant les variantes les plus anciennes, à savoir celles qui existaient déjà sous NetAbalone. Elle a été créée par Laurent Bodini. Qui était Laurent Bodini ? Je n’en sais rien. Seuls peut-être les anciens de NetAbalone, voire de abalonegames.com, pourraient nous renseigner sur ce point.

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Cette partie 29345 de l’historique de MiGs oppose Gengis Khan le terrible (là où il passe, les billes ne repoussent pas : ce sont elles qui se font repousser*) au machiavélique programme MLA (IA) – max, qui a désarçonné les plus glorieux abanautes, et probablement tous sans exception, hormis ceux qui n’ont pas remis les pieds (ou plutôt les doigts ?) sur MiGs après la fermeture de la précédente version, le 31 juillet 2014.

Première surprise dans cette partie : Gengis Khan, qui joue Noir, n’a pas opté pour l’habituelle stratégie de conquête du centre. Il a préféré opter pour une stratégie d’encerclement plutôt que de positionnement. En Snakes et Snakes variante, lorsqu’on joue Noir, prendre le pivot (E5) est généralement aussi aisé qu’en Standard ou dans les autres variantes défensives. Mais en vrai joueur, Gengis Khan aime se lancer des défis et explorer des stratégies alternatives. L’objectif sera donc de couper la tête du serpent (coups 5-6) et d’isoler un groupe de billes adverses au centre, en espérant que la bête ne devienne pas polycéphale… En ce début de partie on voit les deux reptiles onduler vers le centre.

Hélas, cette stratégie va se retourner contre lui : au jeu de l’encerclement, c’est Noir qui se retrouve avec 5 billes cernées par l’ennemi (coup 6). Mais avec un peu de renfort, il parvient à constituer un sous-groupe représentant la moitié de son effectif (7 billes, soit l’équivalent matériel d’une marguerite), et à plaquer au bord bas du plateau 5 billes adverses, soit presque de quoi remporter la partie, à condition de ne pas en laisser s’échapper une seule. Pari difficile…

D’autant plus que sur l’autre front, le reste de ses troupes est menacé. Il faut relâcher la pression pour prêter main forte au bataillon du nord (coups 14-15). S’ensuivent quelques éjections, et des revirements au centre. Mais à 4-1 (coup 19), Gengis Khan dispose d’une belle avance sur son artificiel adversaire. Malheureusement pour lui, celle-ci a été acquise au pris d’une stratégie pour le moins risquée, et d’un point de vue positionnel, l’avantage est nettement à MLA.

A ce stade, la seule option pour Noir est de tenter de reconstituer un bloc tout en conservant un maximum de son avance matérielle. Une stratégie d’infiltration du quasi-bloc adverse semble improbable. D’autant plus que MLA continue de jouer la position.

Le coup 23 de Noir et la prise de la cinquième bille au coup 25 vont constituer les deux erreurs qui vont sceller le sort de la partie. Blanc parachève le regroupement central de son effectif (coup 25), tandis que Noir est isolé sur les bords avec seulement 1 point d’avance (coup 26). Il est clair maintenant que Noir n’a aucune chance de s’en sortir. Lucide sur ce point, Gengis Khan abandonne sur un score honorable de 5-4 après un valeureux combat.

* Attention, je ne voudrais pas vous induire en erreur : « Là où passe mon cheval, l’herbe ne repousse pas » est une phrase attribuée à Attila (395-453), le roi des Huns, et non à Gengis Khan le fondateur de l’Empire mongol (^_-)—☆

(Cliquez sur ce redoutable et répugnant reptile rampant pour visionner la partie)

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Conseil : basculer le PDF en mode présentation vous permettra de faire défiler les coups à votre rythme avec la molette de la souris.

Remarque : l’objectif principal de cette rubrique est qu’à terme on puisse trouver en ligne au moins un exemple de partie dans chaque variante sur cette page.

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Notation Aba-Pro de la partie :

Snakes variante
1.i7i9h6 f6f8e5 2.h7h8g6 f4f5 3.g3i5f3 b6d8b5 4.f3h5e3 a1a3b2 5.d2d4c2 e7e6 6.c2c3 e8e7 7.d6c5 c6d6 8.e2e3d2 b5c6 9.d2d3 b2b3 10.d3d4 d7e7 11.h6i6h7 d8d7 12.i7i8 d7e7 13.g5g6 e6f6 14.b5c5 e4f5 15.c5d5 h7g6 16.e4d4 h5g5 17.d6c5 g5f5 18.d4c4 a5b6 19.b4b5 f5e5 20.b5b4 g8f8 21.h6h7 f8e7 22.b4c4 c6d6 23.a4a5b4 e7d6 24.d4c4 f7e7 25.c4b4 e7d6 26.i8h7 d6c5

Cette partie est disponible sur MiGs. Sauf que MiGs n’est plus disponible. Donc cette partie n’est plus disponible à part ici. CQFD.

Si vous souhaitez rejouer la partie avec le Replayer d’Eob, je vous renvoie à la page suivante où vous trouverez de quoi raccorder cette variante expérimentale à une variante disponible dans le replayer (-:

Si vous souhaitez rejouer la partie avec ULA : allez dans l’onglet « Partie » —> « Nouvelle partie » —> « Classiques et variantes » —> « Snakes (variante) », puis copier la partition dans le champ « Commentaires ».

Maître et disciple

18/06/2017


Friedrich Nietzsche vers 1875, par F. Hartmann, Bâle (domaine public)

°

“Man vergilt einem Lehrer schlecht, wenn man immer nur der Schüler bleibt. Und warum wollt ihr nicht an meinem Kranze rupfen?”

(Ecce Homo, Vorwort, 1888)

°

C’est mal récompenser son maître que de rester toujours disciple. Et pourquoi ne voudriez-vous pas effeuiller ma couronne ?

(Ecce Homo, Avant-propos, 1888)

Friedrich Nietzsche, philosophe allemand (1844-1900)

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Retrouvez toutes les citations dans le Dictionnaire de citations.

La variante de novembre : Def or Atak

Le principe de cette rubrique est de mettre chaque mois en lumière une variante par le biais d’une partie ancienne ou inédite.

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Def or Atak

Une variante trop mortelle

Créée par Saxo, Def or Atak est une variante déséquilibrée : bien que les figures noires et blanches y soient identiques – contrairement à MQuorric 1 ou à Domination contre Marguerite, par exemple – ces figures ne forment pas une position symétrique. Ainsi les deux figures blanches emprisonnantes se font face, tandis que les deux sous-groupes noirs sont décalés.

Ce décalage ne constitue pas un handicap que le fait pour noir de commencer viendrait compenser. Au contraire, il constitue un avantage que vient renforcer le trait. L’éloignement des bords, comparativement à Blanc, est un premier signe de l’avantage positionnel de départ. La chose se confirme si on utilise le système attribuant 5 points au pivot E5, 4 points au premier cercle, et ainsi dégressivement jusqu’à 1 point aux billes en bordures. Cela donne le résultat suivant :

NOIR

BLANC

0x5 = 0

0x4 = 0

5×3 = 15

4×2 = 8

5×1 = 5

0x5 = 0

0x4 = 0

2×3 = 6

8×2 = 16

4×1 = 4

Total = 28

Total = 26

L’expérience confirme cet avantage, puisque dans cette variante, à niveau égal, les Noirs l’emportent plus souvent que les Blancs, de manière significative, autrement dit indépendamment du fait de commencer la partie. Cela dit, vous n’êtes pas obligé de me croire sur parole : rien ne vous empêche de consulter la database de MiGs pour vérifier (^_-)—☆

Cela ne signifie pas que – comme il a été dit dimanche dernier – les choses soient jouées d’avance. La situation de départ reste suffisamment ouverte pour qu’un joueur brillant puisse battre avec les Blancs celui qui est « probablement le meilleur d’entre nous ». J’ai nommé non pas Alain Juppé, mais Gengis Khan le redoutable et redouté, au style aussi tranchant que la lame courbe d’un cavalier mongol.

Pour autant, dans ce combat au corps à corps, cette lame aura été bien mal utilisée. Résultat, c’est celui qui a attaqué (en anglais « Attack », ici « Atak ») qui aura trouvé la mort (en anglais « Death » ou ici « Def »), faisant ainsi coup double, mais pas comme il aurait fallu. Dès les coups 3 et 4, il manie l’art de se faire couper par sa propre lame. Quant au coup 6, il est d’une étonnante naïveté : comment imaginer que Blanc ne va pas bloquer l’attaque sur l’axe 7, et au passage prendre le pivot ?

Tout ça n’était-il pas volontaire ? On sait Gengis Khan grand amateur de défis. Grand pédagogue aussi. Mon hypothèse est que l’on assiste ici à non pas à une authentique partie ou chacun se donne à fond pour gagner, mais plutôt à une sorte de partie pédagogique, du moins pour l’ouverture, ou à un défi que Gengis Khan s’est fixé à lui-même (du type : remonter une situation délicate), ou encore une partie expérimentale (du type : gagner sur les extérieurs).

Quoiqu’il en soit, l’opération s’avère délicate dans la mesure où son adversaire n’est pas non plus n’importe qui : Caipirinha_Lover est en effet l’un des meilleurs représentants de l’Abalonie helvétique, le meilleur peut-être. Son jeu, plus méthodique et moins de déjanté que celui de Galopin, mais aussi plus riche et moins rigide que celui d’atto, en fait un adversaire d’excellent niveau et très intéressant à jouer.

Au coup 28 toutes les billes de Caipirinha_Lover sont regroupées. Il a éclaté (la position de) son adversaire qui n’a plus qu’à déclarer forfait. Ce qu’il ne fera qu’au coup 40, puisque rien n’est jamais joué d’avance (^_-)—☆

ancient-mongolian-curved-sword

(Cette ancienne épée mongole est estimée à 3,5 millions de $ ;
cliquez dessus pour voir un chef mongol défait par un garde suisse)

Conseil : basculer le PDF en mode présentation vous permettra de faire défiler les coups à votre rythme avec la molette de la souris.

Remarque : pour les parties en Marguerite belge, je renvoie désormais à l’historique de MiGs si la partie est disponible sur MiGs. En revanche, pour les variantes, je poursuis avec les PDF afin qu’à terme on puisse trouver en ligne au moins un exemple de partie dans chaque variante sur cette page.

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Notation Aba-Pro de la partie :

Def or Atak
1.h4g4 h9g8 2.f4g4e3 b1c2 3.g3f3 d1d2 4.f5g6e5 d2d3 5.c1d2 c2d3 6.b6d6c7 b2c3 7.b4c5 g8f7 8.f6g7g6 f9f8 9.h7h6 d3d4 10.d7e7 d5e5 11.i5i6 h4g4 12.e7f7 d4e5 13.d8d7 f8e7 14.d2e3 e2d2 15.c4c5d4 b5c5 16.h8i8 c3c4 17.h5h6 d2d3 18.g9g8 c5b4 19.d7c6 g5f5 20.c7c6 g4g5 21.f3g4 c3d3 22.d4c4 a4b5 23.c4b3 g7f6 24.b3a3 h8g7 25.a3b4 d4d5 26.b4c4 f8e7 27.d7c6 e7d6 28.c6b5 c5b4 29.g4f4 a3b4 30.a4b5 e6d5 31.i6h6 b4c4 32.f3g4 c4d4 33.g4h5 e3f3 34.g8f8 d5e6 35.c6d7 f7g7 36.g8f7 h7g7 37.h4h5 f3e3 38.i7i8 e3f4 39.i6h5 f4g5 40.i9i8 e5e6

Cette partie est disponible sur MiGs. Il suffit d’entrer le numéro de la partie (10537) dans les critères de recherche de l’historique.

Si vous souhaitez rejouer la partie avec le Replayer d’Eob, je vous renvoie à la page suivante où vous trouverez de quoi raccorder cette variante expérimentale à une variante disponible dans le replayer (-:

Si vous souhaitez rejouer la partie avec ULA : allez dans l’onglet « Partie » —> « Nouvelle partie » —> « Classiques et variantes » —> « Def or attak (©saxo) », puis copier la partition dans le champ « Commentaires ».

La variante d’août : Marguerite hollandaise

Le principe de cette rubrique est de mettre chaque mois en lumière une variante par le biais d’une partie ancienne ou inédite.

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Marguerite hollandaise

Cette variante était très appréciée par le redoutable Gengis Khan, affrontant ici le valeureux Caipirinha_Lover, qui figure dans le Top 3 des meilleurs joueurs suisses.

En matière de marguerites, la hollandaise est à la belge ce que la suisse est à l’allemande. Une variante d’une haute technicité, donc. Jugez vous-mêmes :

Keukenhof park, Lisses, Netherlands

(cliquez sur l’image pour visionner la partie)

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Notation Aba-Pro de la partie :

Dutch daisy
1.a1b1 i6h6 2.i8h7 h6g5 3.g8g7 h4g4 4.g7g6 a4b4 5.a2b3 a5b6 6.g6g5 c5d5 7.b3c4 b4c5 8.c2c3d3 c5c7d6 9.c1c2 b6c6 10.b1c2 e6e5 11.g3g4 h8g7 12.c4d5 f4e4 13.h9i9h8 b2c3 14.b5c5 e4e5 15.c2d3 d6e6 16.c4d5 g6f6 17.i8h7 f7e6 18.e3d3 c6d7 19.d3c3 g7f7 20.c3b3 f7e6 21.a2b2 c4d4 22.b2b3c3 i5i6 23.g4h5 d5e5 24.i5i6 d8d7 25.c4d5 g5f5 26.h8i8 e8f8 27.h5g5 f5e5 28.i7h7 e5d5 29.e7e6 b5c5 30.h7g7 c5d5 31.h5h6 f8e7 32.f7e6 d4d3 33.c3d4 e7d6 34.e6d5 c5b4 35.i6h6 f5e5 36.a5b5 b3b4 37.d4c4 a4b5 38.g7f6 e6d5 39.f6e5 d6c6 40.i8h7 a3a2 41.e5d4 a2b2 42.d4c3 d5c4 43.a2b2 d2d3 44.b2c3 a1a2 45.c2b2 e4e5 46.b2c3 a2b3 47.h7g6 c6d7d6 48.g6f5 b5b6c6 49.f5e4 b1b2 50.e5d4 c7d7 51.d3c3 a3a4 52.d4c3 d7d6 53.b3b4 e6f6e5 54.b5b4 f5e5 55.a1b2 d6d5 56.b3c3 f6e5 57.b2c2 e7d6 58.e3e4 d6d5 59.d1d2e2 e6d6 60.a1b2 d6c5 61.a3b3 d4c3 62.e5d4 d3c3 63.e2e3d2 c3b2 64.d2c2 b4b3 65.f4e4 c6c5 66.e4e5 b2b3 67.b1b2 b3b4 68.c2b2

La variante de mars : Domination

Le principe de cette rubrique est de mettre chaque mois en lumière une variante par le biais d’une partie ancienne ou inédite.

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Autant la variante de février était romantique, autant la variante de Mars – le dieu romain de la guerre – se devait d’être martiale. Le nom du vainqueur de cette partie pour le moins expéditive en dit long : Gengis Khan ! Sa simple énonciation fait frémir même les plus téméraires. C’est que le nom de cet empereur mongol, Grand Maître en génie militaire et despote éclairé, signifie littéralement « souverain universel ». Un pseudonyme qui allait comme un gant à son titulaire, tant il est vrai que ce grand joueur – au propre comme au figuré – avait dans les classements Elo des sites d’abalone en ligne tous les attributs du mâle dominant, semant la terreur et régnant en maître sur les plateaux de la steppe abalonienne. Voyez vous-mêmes :

Domination

Domination

(cliquez sur l’image pour visionner la partie)

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Notation Aba-Pro de la partie :

Domination
1.d1d2 c7d7 2.d4e5 d7e7 3.f9f8 f4f5 4.c2d3 b6c6b5 5.e4e5 b5c5 6.e7e6 d8e8d7 7.g5f5 c5d6 8.d2d3 d6e7 9.g7g8 g3g4 10.e6e5 d7e7d6 11.b1c1b2 g4g5 12.b2c2b3 g5g6 13.c3d4 g6g7 14.e4e5 d6e7d7 15.b3c4 d7e8 16.d3d4 f7g8

Gengis Khan / Milano

Gengis Khan*, alias Milano, alias Meo, alias… impossible de savoir combien il compte d’alias. Impossible aussi de savoir si c’est une seule et unique personne qui se cache derrière ces pseudonymes, mais en tout cas, on tient là un (deux ?) joueur(s?) hors pair. Il suffit d’écouter ce qu’en dit eobllor – excusez du peu : « Quand le tirage au sort me donne les noirs, j’ai l’impression d’avoir déjà gagné, sauf contre Milano ».

De l’avis de certains (jaloux ?), Gengis Khan serait de ces joueurs qui gagnent en ne prenant pas de risques. Mon avis est bien plus nuancé : Gengis Khan prend des risques pesés avec les plus fines balances. Des risques pesés avec d’autant plus de science qu’il fait partie de ces joueurs ayant une excellente capacité à se représenter des positions qui n’existent pas encore sur l’abalonier, ce qu’ Alfred Binet appelle l’imagination, et qui est la base de l’anticipation des coups futurs.

Difficile de lui tendre un piège : il vous voit venir avec vos gros sabots, et trouvera la meilleure parade, le plus souvent offensive. Et lorsque vous ne comprenez pas l’un de ses coups, c’est vraiment le moment de vous inquiéter : vous verrez dans un proche avenir que tel déplacement qui vous a paru plutôt neutre constituait en fait les prémices d’une dangereuse offensive.

En effet, Gengis Khan applique à la lettre le principe posé par Pedro Damiano : « Aucun coup ne doit être joué sans but ». Sur cette contraction de l’espace-temps qu’est l’abalonier, il déplace ses billes de la manière la plus efficace qui soit. Dans son jeu, aucun coup n’est joué pour rien, au point que vous aurez parfois l’impression qu’il joue deux coups quand vous en jouez un seul, et que vous subissez le plus souvent son jeu sans pouvoir imposer le vôtre.

Sur le plateau, c’est un tueur ; mais il vous occit avec tant de politesse que vous en redemandez. Attention : l’humour de Gengis Khan peut être aussi ravageur que son jeu ; sachez qu’il manie le second degré (voire le troisième ou le quatrième) avec autant de facilité qu’il déplace son armée de billes. Et s’il vous déclare, après vous avoir battu, que vous avez très bien joué, c’est peut-être un vrai compliment – ou peut-être une manière de mieux faire sentir sa supériorité. Caracolant en tête du classement Elo depuis des mois, il a placé au moins quatre de ses pseudonymes dans le top 10 ; par fierté ou par dérision ? Allez savoir…

Au fond, Gengis Khan est comme ces filles qui sont très belles et qui le savent : tout à fait fascinant, complètement insupportable, et absolument incontournable.

Gramgroum, le lundi 4 juin 2012

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* Entre novembre 2011 et novembre 2013, ce joueur cessa d’utiliser le pseudo « Milano », et a de rares exceptions (à ce qu’il me semble), officia essentiellement avec le pseudo « Gengis Khan », sous lequel il régnait en maître craint et respecté sur le monde abalonien. C’est pourquoi en 2012 je me suis autorisé cette petite permutation, l’article original de Gramgroum s’intitulant « Milano ». (FightClub)