Vendredi 11 janvier 2019 : Abalone au St-Cyr (Paris)


L’intérieur du St-Cyr.

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Le St-Cyr. est l’établissement que nous avons choisi pour notre première séance de l’année.
Venez nous y rejoindre, comme ça vous pourrez vous vanter : « Moi aussi j’ai fait St-Cyr ! » q:

Date : vendredi 11 janvier 2019

A partir de : 17h, mais vous arrivez quand vous voulez…

Jusqu’à : 19h30, mais vous pourrez rester après si vous le souhaitez…

Lieu :

Café Le St-Cyr,
147, avenue de Villiers, 75017 Paris
(près du métro Porte de Champerret)

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C’est sûr qu’on prévient tard, mais ça s’est organisé au dernier moment. Au moins l’information est là, ce qui laissera la possibilité à ceux que ça intéresse, qui sont dans le secteur et qui n’ont rien prévu de spécial ce soir-là de rejoindre l’équipe du Paris Abalone Club pour une nouvelle séance de jeu débridée, où l’on évite les situations bloquées et où on privilégie le challenge :


Une situation de fin de partie lors de notre séance précédente.

Cette sortie fait l’objet d’une annonce sur sur le site http://www.onvasortir.com/ et l’information est relayée sur la page Facebook du groupe Abalone sur Paris. Nous recommandons la sortie aux ludothécaires et aux joueurs qui préparent le Tournoi des ludothèques d’Ile-de-France. Les débutants sont les bienvenus (:


Avec Abalone, on peut se triturer les méninges sans se prendre la tête. Étonnant non ?

Pour en savoir plus sur nos rencontres sur Paris, vous pouvez consulter les autres articles sur nos séances.

Après la séance, ceux qui le souhaitent pourront nous retrouver au :

Centre Ludique de Boulogne-Billancourt,
17, allée Robert Doisneau,
92100 Boulogne-Billancourt
(Métro Billancourt ou Pont de Sèvres)

où nous vous proposerons à partir de 20h une séance d’initiation, de formation et d’entraînement à Abalone dans le cadre de la préparation au Tournoi des ludothèques d’Ile-de-France.

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Sur le terrain #1

Les « Samedi on joue » de la MJC de Pontault-Combault (77)

Pour ceux qui souhaitent promouvoir abalone et ont un peu de temps à y consacrer, s’intégrer à un événement local – ponctuel ou régulier – peut être une bonne solution, peu coûteuse en temps, matériel et organisation. C’est l’occasion de faire découvrir la richesse et les ressources insoupçonnées d’un jeu qui est surtout connu du grand public dans la version classique et commercialisée.

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Aux « Samedi on joue » de la MJC de Pontault-Combault (77),
on peut trouver des humains jouant avec de vraies billes sur de vrais plateaux.

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Website : http://www.mjcpontault.fr
Mail : contact@mjcpontault.fr
Réservations : 01.60.28.62.40

Pour les personnes situées à proximité, le calendrier des « Samedi on joue » se trouve ici.

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Un projet pédagogique pour abalone

Ceci intéressera peut-être, s’il s’en trouve parmi nous, des courageux qui exercent ce qu’il est convenu d’appeler « le plus beau métier du monde », et qui seraient tentés par l’aventure d’utiliser abalone à des fins pédagogiques en l’intégrant à leur enseignement.


 

Ce projet pédagogique a été élaboré le 13/02/2014 en vue de la création d’un club d’abalone dans un lycée de la région parisienne.
Il peut servir de base à toute personne qui souhaiterait créer un club d’abalone au sein d’une école, d’un collège ou d’un lycée, ou à tout enseignant qui souhaiterait utiliser abalone dans le cadre de son enseignement et qui doit justifier de son intérêt éducatif.
Les arguments pédagogiques qu’on y trouve sont valables pour tous les niveaux d’enseignement à partir de 7 ans. La pédagogie à mettre en place devra bien sûr être adaptée en fonction de l’âge des élèves.

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CLUB ABALONE
Projet pédagogique

1 – Présentation générale du projet :

Ce projet vise un public d’élèves d’un établissement local d’enseignement allant de la seconde au BTS.

Sous réserve de participants, l’animation aurait lieu une fois par semaine dans un lieu calme. Le créneau horaire et le lieu seront à déterminer avec la direction de l’établissement. Le Centre de Documentation et d’Information (CDI) de l’établissement semble cependant être un endroit approprié à l’activité proposée.

L’objectif de l’activité abalone organisée est de favoriser les apprentissages relevant du socle commun de connaissances et de compétences par le biais d’une découverte, d’une initiation ou d’une formation à un jeu de réflexion pure : abalone.

Les bénéfices attendus de la pratique de ce jeu concernent au moins 6 des 7 domaines détaillés dans le décret du 11 juillet 2006 relatif au socle commun de connaissances :

1 – La maîtrise de la langue française
3 – Les principaux éléments de mathématiques et la culture scientifique et technologique
4 – La maîtrise des techniques usuelles de l’information et de la communication
5 – La culture humaniste
6 – Les compétences sociales et civiques
7 – L’autonomie et l’initiative

Le dernier domaine (2 – La pratique d’une langue vivante étrangère) peut être aussi concerné au cas où certains élèves, ayant acquis au cours de l’année scolaire un niveau d’expertise suffisant, envisageraient de participer aux Mind Sports Olympiads (Olympiades des jeux de l’esprit) organisés chaque année à l’Université de Londres.

2 – Abalone au service de la réussite scolaire :

Cette démarche d’introduction du jeu d’abalone en milieu scolaire se fonde sur le modèle et le succès de l’enseignement du jeu d’échecs à l’école (Convention entre la Fédération Française des Echecs et le Ministère de l’Education Nationale en date du 31 janvier 2011). Les bénéfices attendus en termes de facilitation des apprentissages sont similaires.

Objectifs

– développer la motivation, la concentration des élèves ;
– encourager l’esprit d’autonomie et d’initiative des élèves ;
– installer un environnement favorable à l’apprentissage ;
– contribuer au développement d’attitudes et d’aptitudes intellectuelles propices à l’acquisition des compétences du socle commun, notamment les compétences
« mathématiques et culture scientifique » et « autonomie et initiative » ;
– favoriser l’apprentissage de la citoyenneté.

La stratégie d’abalone repose sur un raisonnement par hypothèses et entre donc dans la catégorie des raisonnements scientifiques.

Sa pratique comporte des objectifs communs avec les programmes officiels en mathématiques :
– « … Cultiver les qualités d’observation et d’analyse (identifier par exemple les éléments simples qui interviennent dans une situation donnée, distinguer les relations qui les unissent).
Entraîner l’élève à la pensée déductive, l’inciter à la rigueur logique, lui apprendre à bâtir une chaîne de déductions, à déceler éventuellement une faille dans le raisonnement, développer, de façon constructive, son esprit critique, lui montrer, par exemple, les incertitudes que comporte une induction mal contrôlée.
Stimuler son imagination (induire, généraliser, concevoir une méthode, trouver des exemples pour illustrer une propriété ou des contre-exemples pour infirmer une proposition)… »

La pratique d’abalone encourage le développement des capacités intellectuelles telles que la mémoire, la concentration, le raisonnement logique de type mathématique, la capacité d’abstraction, l’esprit d’analyse et de synthèse dans la résolution de problème et la mise en œuvre de stratégies efficaces, organisation méthodique de l’étude.

La pratique d’abalone contribue également à la construction de la personnalité en encourageant l’attention, l’imagination, la créativité, l’anticipation, le jugement et la confiance en soi, l’esprit de décision, le courage, la volonté de vaincre ou de résister face aux difficultés.

Elle favorise le vivre ensemble : dès la mise en place du jeu, les principales règles sont établies : respect des règles du jeu, de l’adversaire, maîtrise de soi, socialisation.
– On joue chacun son tour, dans un processus dialectique, cherche à anticiper par la réflexion et   l’imagination la stratégie de l’adversaire afin d’envisager  à l’avance des réponses adéquates.
– On déplace correctement ses billes, on respecte les contraintes du jeu,
– En cas de coup illégal, on s’explique, on se soumet à l’arbitrage d’un tiers,
– On apprend à accepter la défaite, à contrôler ses réactions,
– On découvre le sens de l’effort pour persévérer dans l’apprentissage du jeu, aptitude qui sera transférée aux apprentissages en général.

Le jeu d’abalone est une école de concentration, maîtrise de la pensée, maîtrise de soi et favorise l’apprentissage des règles et le respect d’autrui.

Le jeu d’abalone est aussi une éducation aux choix : il faut décider sans tarder entre plusieurs possibilités dont on ne sait pas toujours laquelle est la meilleure.

Par la suite, l’esprit de compétition pousse le joueur à prendre en charge sa propre formation et joue un rôle fondamental dans la motivation à explorer des stratégies nouvelles.

Comme le jeu d’échecs, le jeu d’abalone est au service de l’égalité des chances, car sa pratique peut constituer pour des élèves en difficulté scolaire une occasion privilégiée de se motiver à nouveau et de se remettre sur la voie de la réussite scolaire.

Le jeu d’abalone est un moyen ludique d’entraînement efficace de la mémoire et il peut constituer un moyen de renforcer les notions de structuration de l’espace et du temps. Il permet également un apprentissage de la méthodologie de la pensée.
La compétition apprend en outre le respect de l’adversaire (partenaire), la gestion du temps, la conséquence des actes décidés.

3 – Prolongements éventuels :

Organisation d’un tournoi de fin d’année, création d’un club par les élèves (dans ou hors du lycée, pratique extrascolaire, participation à des confrontations en ligne ou à des tournois locaux).

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Les dix commandements du joueur débutant

Voici un article provenant d’un ancien blog (aceboard) que j’avais lu avec beaucoup d’intérêt à l’époque où j’étais moi-même débutant (2010), et dont je m’étais fait une copie. J’ignore s’il est encore disponible sur le net (probablement pas), son auteur (Foxaphosphor) m’est inconnu, mais voici le texte sous la forme où je l’avais conservé.

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INTRODUCTION

Les joueurs débutants sont bien souvent à la recherche de « trucs » leur permettant d’améliorer la qualité de leur jeu. Ils ont l’impression d’être battus très facilement, ce qui est parfois décourageant, et parce qu’ils savent qu’ils ne sont pas stupides, ils ont souvent le sentiment que l’adversaire connaît des « trucs », des bottes secrètes réservées aux seuls initiés, et qui permettent de l’emporter.

Or il n’y a pas de « trucs ». Ces quelques conseils que je donne ne sont pas des « trucs » qui permettront de gagner facilement. Ils ne sont qu’une manière, si on les suit, d’améliorer rapidement son jeu pour le rendre plus intéressant, du moins je l’espère. Ils ne feront de personne un champion.

Ces quelques conseils feront sans doute sourire les joueurs expérimentés. Les uns parce qu’ils paraissent évidents, les autres parce qu’ils ne sont plus forcément valables lorsqu’on atteint un certain niveau de jeu, une certaine habileté, un certain savoir-faire. Ces conseils valent ce qu’ils valent, et méritent bien sûr d’être nuancés : à chacun d’en faire l’usage qu’il entend.

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1) Prenez le centre

Le joueur qui commence, c’est à dire Noir, parviendra toujours à prendre le centre (c’est à dire le point central du jeu). Blanc aura pour tâche d’essayer de conquérir le centre, et au minimum devra s’efforcer d’opposer trois billes à Noir sur la ligne centrale. Pourquoi prendre le centre ?

Je ne vais pas développer ici l’intérêt tactique du centre, je me contenterai de ces deux constatations :

– le joueur qui détient le centre pourra plus facilement faire passer ses billes d’une partie à l’autre du plateau, tout en évitant la zone dangereuse que constituent les bords. – le joueur qui détient le centre pourra exercer une pression centrifuge sur les billes adverses (du centre vers les bords).

Prendre le centre ne se limite toutefois pas à conquérir le point central : il s’agit aussi d’occuper le terrain, de se positionner au mieux dans un « centre élargi » constitué par la zone centrale du plateau.

Pour ce faire, il est important, au début du jeu, de progresser rapidement sur le plateau, afin de conquérir un maximum d’espace. En jeu standard, les premiers déplacements se feront donc toujours vers l’avant, par groupe de trois billes.

Mais là, c’est à toute une théorie de l’ouverture que nous abordons, et ce n’est pas ici l’endroit pour la développer.

2) Restez groupé : formez bloc

Une fois la question de la conquête du centre réglée, les deux joueurs vont se retrouver face à face, bloc contre bloc.

Rien de plus stable, de plus solide, de plus rassurant pour le débutant qu’un bloc compact. L’adversaire va tâcher de le percer en son centre, de le scinder en deux ou plusieurs groupes : c’est le principe « diviser pour régner ». S’il parvient à faire cela tout en maintenant ses propres billes soudées, il prend une bonne option sur la victoire.

Ici, l’on voit l’importance des rangées de trois billes. Une rangée de trois billes ne peut être repoussée. Il faut la briser par le côté pour en venir à bout. Plusieurs rangées de trois accolées forment donc un bloc solide.

Il est important, pour ne pas laisser percer son bloc, de surveiller ses arrières, et de ne pas les dégarnir, car l’adversaire s’engouffrera dans la première brèche qui lui sera ouverte.

Je suis conscient que ces deux premiers commandements peuvent amener à jouer un jeu très défensif, mais je pense que le jeu défensif est une phase normale, voire incontournable dans l’évolution du style d’un joueur.

3) Avancez toujours

« Qui n’avance pas, recule » prétend un dicton.

Cela paraît une évidence, il est pourtant utile de la rappeler. Je vois en effet trop souvent des joueurs qui reculent pour se regrouper, tenter de reformer un bloc. C’est parfois nécessaire, mais pas souvent, surtout pas en début de partie.

Dites-vous bien qu’un mouvement de recul est très souvent un mouvement perdu, l’adversaire se charge de vous faire reculer, inutile de l’aider dans cette tâche !! Gardez vos mouvements pour des coups plus constructifs ou plus offensifs.

Bien entendu, tout est question de situation, le recul peut devenir très intéressant lorsqu’il permet de pousser l’adversaire et de briser ses lignes. Mais le mot d’ordre général reste celui-ci : en avant !

Plutôt que de reculer, si l’avancée n’est pas possible, il reste toujours le déplacement sur le côté.

4) Exercez sans cesse le maximum de pression sur les billes de l’adversaire

Pourquoi est-il important d’exercer une pression constante sur l’adversaire ? Je citerai deux raisons essentielles :

– la pression que subit l’adversaire l’empêche d’agir à sa guise : plutôt que de mettre en œuvre sa propre stratégie, il va devoir parer vos coups et sera gêné pour préparer les siens – c’est par la pression exercée à l’endroit adéquat qu’on arrivera à diviser les troupes de l’adversaire

Où exercer cette pression ?

– sur le centre, pour essayer de scinder les troupes adverses, mais en général c’est aussi le point ou la contre-pression exercée par l’adversaire est la plus forte.

– du centre vers l’extérieur, quand on a réussi à occuper le centre, pour pousser l’adversaire vers le bord et l’éjecter

– sur les bords du groupe adverse, là où la résistance est moins forte.

Cette notion est très importante : celui qui parvient à exercer sa pression en un maximum de points a de fortes chances de l’emporter. Un joueur débutant a parfois l’impression que l’adversaire a plus de billes que lui, en raison de la capacité de l’adversaire, plus expérimenté, à exercer sa pression.

5) Coupez les lignes de l’adversaire

Encore une fois, le conseil peut paraître quelque peu élémentaire, pourtant, il touche au principe même du jeu : la supériorité numérique qui permet de l’emporter.

Puisque la supériorité numérique des billes placées sur une même ligne permet d’exercer une poussée sur les billes adversaires (3 contre 2, 3 contre 1, 2 contre 1), il est évident que l’une de vos tâches sera de couper les lignes adverses qui vous menacent.

Bien souvent, le premier réflexe du joueur inexpérimenté, lorsqu’il se trouve en situation d’infériorité numérique, est de chercher à placer une bille permettant de rétablir l’équilibre numérique.

Or il est souvent possible et plus efficace de couper les lignes de l’adversaire, cassant ainsi son attaque. Ces lignes menaçantes de trois billes, je les ai appelées des lances. Il importe toujours, quand c’est possible, de rompre les lances de l’adversaire, brisant ainsi l’arme dont il se sert pour nous attaquer. En un mot : contre-attaquer.

Le principe de  « rompre les lances » trouvera notamment son utilité en milieu et en fin de jeu, lorsque les positions respectives paraissent « déstructurées ».

6) Sachez choisir entre la position et le point

En cours de partie, on se retrouvera souvent face à un dilemme : éjecter une bille adverse qui se trouve à notre portée, mais en contrepartie abandonner une position qui nous semble forte. L’éjection nous éloigne toujours du centre – zone de sécurité – pour nous rapprocher du bord – zone dangereuse. De plus, le déplacement qui nous permet d’éjecter peut compromettre la stabilité de notre groupe, et entraîner l’enfoncement de nos lignes, par exemple.

Le meilleur coup à jouer n’est pas forcément la prise de la bille adverse : il vaut parfois mieux sauvegarder sa position, ou l’améliorer.

J’ai souvent constaté que le fait d’améliorer sa position en renforçant la pression sur l’adversaire (plutôt que d’éjecter) mettait l’adversaire à son tour devant un choix difficile : soit il sauvegarde sa propre position, et dans ce cas la prise de la bille reste souvent possible, soit il sauve sa bille et court le risque de perdre sa position.

A contrario, il peut être intéressant de sacrifier une bille si la prise de cette bille par l’adversaire implique que celui-ci compromette sa position.

7) N’hésitez pas à éjecter quand c’est possible

Ce principe abalonien m’a été transmis en ces termes par un joueur de caractère pourtant très pacifique : « Quand tu peux tuer, tue ! »

Ce conseil peut paraître en parfaite contradiction avec le précédent, mais cette contradiction n’est qu’apparente. Je ne développerai pas ici pourquoi cette contradiction n’est qu’apparente, et je me contenterai d’affirmer que cela est lié à la phase du jeu dans laquelle on se trouve (début, milieu, fin),  à la position des billes sur le plateau, et au savoir-faire des joueurs.

Pourquoi ce conseil ? Les raisons sont simples, voire simplistes :

– pour gagner, il faut pousser les billes de l’adversaire hors du plateau, une à une. Chaque bille éjectée nous rapproche de la victoire. Comme le faisait remarquer un excellent joueur, 2 billes cela paraît peu de choses, mais c’est déjà un tiers du travail à accomplir. N’oubliez jamais qu’il n’y a que 6 billes à éjecter pour gagner !

– entre joueurs de force égale, la partie se jouera souvent à une bille près : éjecter une bille le premier, c’est toujours un avantage.  Lorsque le score est à 5/5, le premier qui éjecte une bille adverse a gagné, peu importe de savoir si un coup de plus permettrait de rétablir l’équilibre – éliminer une bille, c’est presque toujours se donner un ascendant psychologique sur l’adversaire : il ne faut jamais négliger l’aspect psychologique de ce jeu.

Notons quand même deux exceptions de taille à ce commandement :

– une bille adverse isolée derrière nos lignes ne doit pas forcément être éliminée : bien souvent, elle offre un point d’appui très intéressant et renforce notre propre groupe

– une bille adverse peut nous être offerte comme cadeau empoisonné, appât qui nous fera tomber dans un piège (notamment en nous faisant perdre une bonne position)

8) Osez attaquer

« Memento audare semper – Souviens-toi d’oser toujours », tel est le conseil que me donnait une excellente joueuse, qui trouvait mon jeu trop timoré et me battait à plates coutures. Conseil qu’une autre joueuse formulait ainsi : « Fonce ! »

Dites-vous bien qu’on ne peut pas gagner sans attaquer.

Certes, on peut jouer la défense à outrance, et ne faire rien d’autre que préserver son bloc contre les attaques de l’adversaire : c’est de l’anti-jeu ; c’est sans fin, ennuyeux, et personne n’y prendra plaisir.

On peut aussi pratiquer un jeu très prudent, défensif, assorti de tentatives d’attaque lorsqu’une occasion semble se présenter. Mais ce n’est guère productif face à un adversaire expérimenté. Il faut pourtant le dire, c’est un style de jeu par lequel passent la plupart des joueurs à un moment donné.

Il faut dire aussi que la peur (peur de perdre ?) bien souvent paralyse certains joueurs. Alors osez ! Laissez au vestiaire cette peur qui, au lieu de vous faire foncer en avant, vous inspirera souvent de désastreuses manœuvres de retraite face aux attaques de l’adversaire.

Dans ce jeu plus que dans aucun autre, l’attaque est la meilleure défense. Il faut jouer de manière agressive, et ne pas laisser l’adversaire construire son jeu. L’attaque déstabilise l’adversaire et le contraint à adapter son jeu au vôtre, voire même éveille sa peur. N’oubliez pas la dimension psychologique de ce jeu, après tout, votre adversaire n’est qu’une personne comme vous, avec ses doutes et ses craintes.

Certes l’attaque est un moment dangereux pour celui qui la mène : elle le rapproche du bord, et peut l’amener à fragiliser sa propre notre position. Mais sans attaque, pas de victoire !

Et après tout, si vous perdez, qu’importe ?

9) Acceptez de perdre

Perdre n’est pas toujours agréable, lorsque l’on aime jouer, mais la notion même de jeu est intimement liée à la possibilité de perdre. Un joueur qui ne perd jamais, ou presque jamais, joue-t-il encore ?  S’il sait d’avance, en ouvrant la partie, qu’il va l’emporter, est-il encore en train de jouer ?

Ma réponse est non. On peut dire qu’il s’amuse, comme le chat s’amuse avec la souris. Ou bien, plus positivement, on peut considérer qu’il s’exerce. Dans ce cas, il va peut-être se mettre lui-même dans des situations de risque, pour compenser l’ennui que lui procure un jeu gagné d’avance, pour essayer de se donner le frisson qui est le plaisir du jeu ; éventuellement pour chercher de nouvelles solutions à des problèmes inédits. Mais là, il n’est déjà plus vraiment dans le jeu, il est dans la recherche sur le jeu.

La possibilité de perdre est autant source de plaisir du jeu que la possibilité de gagner. Ces deux notions sont intimement liées dans le plaisir de jouer.

Alors ne craignez pas de perdre, on apprend beaucoup en perdant. D’abord parce que l’on apprend à bien jouer en jouant contre des joueurs plus forts que soi-même (une trop grande différence de niveau peut parfois être décourageante, il vaut mieux jouer avec des joueurs légèrement plus fort que soi). Ensuite parce que l’on apprend toujours quelques chose de ses propres erreurs.

Perdre n’est rien, mais n’abandonnez pas ! Sachez que ce jeu peut se retourner rapidement, sur une erreur de l’adversaire, alors n’abandonnez jamais !

10) Un dernier commandement, peut-être le plus important :

jouez avec plaisir, et sans contrainte !

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RECAPITULATIF :

Les dix commandements du joueur débutant

1) le centre tu prendras

2) groupé tu resteras

3) sans cesse tu avanceras

4) une pression continuelle tu exerceras

5) les lignes adverses tu rompras

6) ta position observeras

7) sans pitié tu éjecteras

8) toujours tu oseras

9) la défaite tu accepteras

10) du plaisir tu trouveras

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CONCLUSION :

Je suis parfaitement conscient du fait que certains des conseils que je viens de donner peuvent paraître contradictoires (rester groupé et attaquer, par exemple). En effet, comme je l’ai dit plus haut, tout dépend de la phase de jeu dans laquelle on se trouve, de la position des billes, du savoir-faire des joueurs. Je crois à la pertinence de ces conseils, si l’on arrive à les appliquer au bon moment, dans la bonne situation.

Je suis en effet convaincu que la maîtrise du jeu passe en grande partie par la mémorisation de situations-modèles, la reconnaissance de ces situations au cours de la partie, le rappel des solutions qu’il est possible d’apporter, sans oublier la capacité d’anticipation.

Ces qualités ne sont pas innées, elles s’exercent. Il faut jouer souvent, pour apprendre à voir ce qui se passe sur le plateau, pour acquérir les bons réflexes. C’est à la portée de tous, même si tout le monde ne deviendra pas champion. Bon jeu !!

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REMERCIEMENTS

Je tiens à remercier pour leurs judicieux conseils un certains nombre de joueurs que j’ai eu le plaisir de fréquenter autour du plateau d’abalone : Episteme, Drekkif, Lilou, Who, Koh, Gaz-Gaz, Johy, Chriscool.

Je veux remercier aussi ceux qui, régulièrement, acceptent pour mon plus grand plaisir de jouer avec moi et me permettent de vérifier la pertinence (où l’inanité) de mes réflexions : Isa, SylvieD, Airisson, Chrisssss, Sternchen, Dingo, Virusman et encore Gaz-Gaz… et je demande pardon à tous ceux que j’oublie.

Merci à tous ceux qui m’ont battu ou que j’ai battus sur un plateau d’abalone, à tous ceux qui font de ce jeu des instants de plaisir.

Last edited by Foxaphosphor on 2006-02-06, 09:37:34

Les modes de diffusion d’un jeu

Abalone fait partie des jeux à information parfaite, ou encore jeux de réflexion pure, ainsi nommés car ils ne laissent aucune place au hasard (contrairement par exemple aux jeux ou interviennent l’aléa des dés ou le tirage des cartes).

Ces jeux sont réputés difficiles (et le sont effectivement, à un haut niveau), voire austères dans la simplicité de leur matériel, et de ce fait ont du mal à se faire une place face à la concurrence de la facilité, de la nouveauté, de la médiatisation d’autres jeux.

Comment faire dans ce cas pour leur donner un peu d’audience, s’ils ne sont pas déjà solidement implantés dans une tradition, avec des structures faisant de longue date partie du paysage culturel ?

Selon Pascal Reysset, il existe quatre circuits de diffusion :

– le circuit familial ou local

– le circuit commercial

– le circuit  initiatique

– le circuit pédagogique

En oubliant le deuxième (lol), cette petite classification donnera peut-être quelques idées à ceux qui ont envie d’amener à ce jeu de nouveaux adeptes.

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