Les parties à handicap

« Dispense ma valeur d’un combat inégal ;
Trop peu d’honneur pour moi suivrait cette victoire :
À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. »
Pierre Corneille, Le Cid, Acte 2 , Scène 2

Lorsque l’écart entre le niveau de deux joueurs est trop important, la confrontation n’a que peu de sens :
Quel est l’intérêt pour un joueur fort d’exterminer un nouveau en moins de 20 coups (sinon peut-être flatter son ego, ou glaner quelques points Elo à peu de frais…) ? Quel est l’intérêt pour un débutant de se prêter à une exécution en règle (sinon peut-être mesurer le chemin qui lui reste à parcourir, si le cœur lui en dit, et si le sentiment de son indigence abalonienne à l’issue d’une telle épreuve ne l’a pas complètement découragé).

Il n’y a personne d’autre sur le site et la fonction entraînement ne vous motive pas ? Dans ce cas, pourquoi ne pas jouer ensemble une partie à handicap ? Certes, le handicap n’existe pas à abalone (contrairement au go, par exemple), mais rien n’empêche de créer une situation de handicap à convenir entre vous pour rééquilibrer la rencontre et rendre l’issue plus incertaine. Vous pouvez par exemple :

créer un déséquilibre de temps
Exemple : sur une partie de 20 minutes, le joueur le plus expérimenté laisse 10 minutes d’avance à son adversaire en laissant tourner le chrono

créer un déséquilibre de matériel
Exemple : le joueur le plus fort laisse son adversaire lui éjecter 3 billes avant que la lutte ne commence réellement

créer un déséquilibre positionnel (partir d’une position avantageuse pour le joueur le plus faible)
Exemple : le joueur le plus fort laisse le centre du plateau au joueur le plus faible

créer un déséquilibre en nombre de coups (une variante de déséquilibre positionnel : le joueur le plus fort laisse un certain nombre de coups d’avance à son adversaire en se maintenant dans sa position de départ)
Exemple : le joueur le plus fort laisse 5 coups d’avance à son adversaire

créer un déséquilibre d’objectif : les deux partenaires peuvent convenir d’un objectif de temps ou de nombre de billes à éjecter différents pour chacun d’eux. Ce qui rejoint le déséquilibre de temps ou de matériel.
Exemple 1 : les deux partenaires conviennent d’un 6-0 pour le gagnant, donc le plus fort s’engage à abandonner si le plus faible parvient à éjecter une bille.
Exemple 2 : sur une partie en 20 minutes, le plus fort s’engage à gagner en moins de 10 minutes, et à abandonner s’il n’y parvient pas.

Bref, l’essentiel est de se mettre d’accord sur les modalités de la partie pour que chacun puisse y trouver un défi à sa portée, et de… jouer le jeu !

Merci à jacques et sandrinemarie de m’avoir inspiré cet article.

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Les « playing tips for abalone » de Wayne Schmittberger

Les « playing tips for abalone » (conseils pour jouer à abalone) de Wayne Schmittberger sont disponibles (en anglais) aux adresses suivantes :

http://entertainment.howstuffworks.com/leisure/brain-games/abalone2.htm

http://www.gamerz.net/pbmserv/abalone.html#tips

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Les modes de diffusion d’un jeu

Abalone fait partie des jeux à information parfaite, ou encore jeux de réflexion pure, ainsi nommés car ils ne laissent aucune place au hasard (contrairement par exemple aux jeux ou interviennent l’aléa des dés ou le tirage des cartes).

Ces jeux sont réputés difficiles (et le sont effectivement, à un haut niveau), voire austères dans la simplicité de leur matériel, et de ce fait ont du mal à se faire une place face à la concurrence de la facilité, de la nouveauté, de la médiatisation d’autres jeux.

Comment faire dans ce cas pour leur donner un peu d’audience, s’ils ne sont pas déjà solidement implantés dans une tradition, avec des structures faisant de longue date partie du paysage culturel ?

Selon Pascal Reysset, il existe quatre circuits de diffusion :

– le circuit familial ou local

– le circuit commercial

– le circuit  initiatique

– le circuit pédagogique

En oubliant le deuxième (lol), cette petite classification donnera peut-être quelques idées à ceux qui ont envie d’amener à ce jeu de nouveaux adeptes.

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